Le National et le Conseil des Etats devront se mettre d’accord vendredi sur le budget 2026. Quelques désaccords persistent, principalement sur les montants prévus pour les ressources de plusieurs départements.
Le Conseil national veut couper de moitié le budget dédié aux ressources dans les départements des finances, de l’environnement et de l’économie, jugeant que cette enveloppe n’a jusqu’ici fait que grandir sans raison valable apparente. Il a maintenu cette position jeudi.
Le Conseil des Etats veut lui maintenir les montants prévus. Les deux Chambres devront se mettre d’accord vendredi en conférence de conciliation. Elles auront aussi à décider si Suisse Tourisme verra son budget coupé ou non.
Malgré les petites divergences restantes, les élus se sont félicités des compromis trouvés au cours des débats. Conseillers nationaux et aux Etats sont rapidement tombés d’accord par exemple sur une augmentation du budget pour l’armement, la cybersécurité, Fedpol ainsi que pour l’agriculture et la viticulture.
Ils ont aussi trouvé un terrain d’entente concernant l’enveloppe pour le centre antipoison Tox Info, qui bénéficiera de 1,5 million pour assurer sa survie, et sur le soutien dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le refus dans un premier temps du National d’ajouter un million dans l’enveloppe prévue à cet effet avait fait un tollé auprès de la population. Il était ensuite revenu sur sa décision.
Le budget voté jeudi au National prévoit un solde structurel de 94,88 millions de francs, contre 58,2 au Conseil des Etats. En cas de désaccord persistant à l’issue de la conférence de conciliation, la proposition de budget la moins élevée l’emporte.
Coopération internationale: suspension des dépenses jusqu’en 2030
Les dépenses fédérales en matière de coopération internationale doivent être suspendues jusqu’en 2030. Le Conseil des Etats s’est rallié jeudi, par 25 voix contre 18, au Conseil fédéral sur ce point, dans le cadre des débats sur le programme d’allègement budgétaire.
Ce gel des dépenses permet une économie de 107 millions en 2027, de 167 millions en 2028 et de 234 millions en 2029. L’UDC, soutenue par quelques élus du PLR et du Centre, voulait aller encore plus loin dans les coupes.
A l’autre bout de l’échiquier politique, la gauche voulait renoncer à la suspension des dépenses. Baptiste Hurni (PS/NE) a déploré un «manque de vision». «Nous risquons de payer cher cette coupe», a-t-il déclaré, demandant de ne pas «saborder notre position respectée dans le système international». Aucun des deux camps n’a eu gain de cause.
Les sénateurs ont cependant réduit l’impact sur le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, par 23 voix contre 22, avec la voix prépondérante du président. Le Centre et le PLR étaient divisés.