La fin de l’année approche et les actifs émergents ont brillé en 2025 tant sur les marchés actions que sur les marchés obligataires, surpassant même les actifs américains, ce qui est rare. La faiblesse du dollar (en repli de 9% en 2025) a été un important soutien mais force est de constater que depuis le mois d’août la surperformance est restée, voire s’est amplifiée, alors que le dollar se stabilisait.
Il existe d’autres facteurs de soutien plus structurels pour les actifs émergents et en particulier pour la dette émergente. Le premier volet se trouve dans les données macroéconomiques. Ainsi malgré des différences marquées entre les pays, la croissance du PIB réel 2026 dans les émergents ne devrait que légèrement décélérer (autour de 4% en moyenne) et rester bien supérieure à celle des pays du G7. En termes d’inflation, il est plus difficile d’extraire une tendance commune en raison de disparités entre pays mais elle devrait se réduire un peu en Amérique Latine et Europe mais rester plus élevée en Asie. Cela laisse néanmoins la perspective de baisses de taux directeurs dans plusieurs pays qui ont conservé des taux réels très élevés depuis longtemps malgré une inflation sous contrôle, à l’image de l’Inde qui vient de baisser ses taux de 25 points de base.
Les pays émergents ont atteint un âge de raison; d’une part ils n’apparaissent plus comme la principale source de risque systémique et d’autre part les banques centrales sont devenues plus actives pour piloter leurs devises.
Après une baisse tendancielle des taux jusqu’à la crise COVID, la performance des obligations d’État à 10 ans a été assez décevante depuis 2021, ce qui a pesé sur la performance et la collecte des gestions diversifiées. Une alternative a été d’inclure de la dette émergente dans les allocations d’actifs. Certes, la protection offerte par les obligations émergentes en cas de correction sur les marchés actions est incontestablement moindre, mais sur la durée l’investisseur s’y retrouve. Ainsi les pertes de 2022 ont été rapidement effacées sur la dette émergente, tant libellée en devise locale qu’en dollars. Ce n’est pas le cas des bons du trésor américains à 10 ans ou de leurs homologues allemands. En l’absence de mouvement de baisse marquée des taux longs, c’est le portage qui reste le principal moteur de performance obligataire et ce portage reste et devrait encore rester en faveur de la dette émergente.
Le change peut fortement influencer la performance d’un investissement sur le marché obligataire or depuis un an la volatilité du change a beaucoup baissé et surtout elle a baissé bien plus vite pour les pays émergents, qui bénéficient désormais d’une volatilité implicite plus faible que celle des pays du G7. Cette volatilité du change est désormais toute proche des points bas atteints en 2014 et 2024. En fait au cours des dernières années, les pays émergents ont atteint un âge de raison; d’une part ils n’apparaissent plus comme la principale source de risque systémique et d’autre part les banques centrales sont devenues plus actives pour piloter leurs devises. Tout ceci a tendance à lisser la volatilité du change et simplifie l’investissement dans la dette émergente.
Un environnement de croissance favorable, des perspectives de baisse de taux directeurs dans certains pays, un portage attractif et un risque de change favorable devraient permettre à la dette émergente d’offrir encore de belles perspectives pour les prochains mois.