Une fenêtre d’opportunité pour un fonds daté

Nicolette de Joncaire

2 minutes de lecture

RAM AI lance un fonds daté 2030 pour exploiter des rendements élevés, en capitalisant sur la dispersion. Entretien avec Fabio Vanerio et Vincent Ollivier.

 

Dans un environnement obligataire redevenu attractif, RAM Active Investments s’apprête à lancer un fonds daté qui entend tirer parti de niveaux de rendement encore élevés et d’une forte dispersion sur les marchés du crédit. Grâce à une plateforme propriétaire d’analyse, à une expérience confirmée en gestion flexible et à une approche alliant intelligence artificielle et sélection fondamentale, la société propose aujourd’hui une nouvelle lecture des opportunités obligataires. Fabio Vanerio, Lead Credit Fund Manager, et Vincent Ollivier, Credit Fund Manager, détaillent le positionnement d’un fonds daté à échéance 2030 et sa philosophie d’investissement. 

Envisagez-vous de lancer un fonds daté afin de verrouiller des rendements qui vous semblent plus attractifs que ceux des dernières années? Et quels rendements peut-on espérer?

Les rendements actuels se situent au-dessus de la moyenne observée au cours de la dernière décennie, même s’ils demeurent inférieurs aux niveaux exceptionnels de 2023-2024. L’objectif est donc de figer ces rendements aujourd’hui encore favorables. Dans ce contexte, il s’agit également de tirer parti des phases où la dispersion – c’est-à-dire l’écart type entre les rendements au sein d’un même univers – est élevée. Cette dispersion constitue un levier essentiel pour la gestion active: elle permet d’identifier des obligations affichant une décote injustifiée. Nous avons pour ambition d'offrir un rendement net de frais supérieur à un rendement indiciel. Une dispersion élevée permet d'atteindre plus facilement cet objectif et RAM AI entend capitaliser sur cette opportunité

Le fonds est-il adossé à un indice de référence?

Non, le fonds n’a pas de benchmark. Il investit principalement dans la dette d’entreprises, ainsi que dans des titres bancaires et assurantiels, avec une notation moyenne solide et une préférence marquée pour les obligations liquides, négociées sur des marchés secondaires actifs. L’absence de benchmark offre une grande liberté de sélection, permettant d’identifier les meilleures opportunités de crédit sans contrainte d’indice. L’objectif est de construire un portefeuille diversifié – environ une centaine de lignes – tout en privilégiant les émetteurs et les obligations présentant le meilleur profil risque/rendement, l’objectif étant de générer, net de frais, un rendement supérieur à celui de l’indice des obligations BB.

Pourquoi avoir choisi l’horizon 2030?

L’objectif est de lancer le fonds mi-décembre avec un horizon d’environ cinq ans, adapté à une stratégie buy & hold particulièrement prisée par les investisseurs patrimoniaux. Cette durée permet une réduction rapide des risques, qu’il s’agisse du risque de taux ou du risque de défaut. Par ailleurs, le marché offre un univers d’investissement suffisamment vaste sur cette maturité, avec un nombre important de titres disponibles, ce qui facilite la construction d’un portefeuille diversifié et de qualité.

Comment sélectionnez-vous les titres? Quels types d’obligations privilégiez-vous?

Chez RAM AI, la sélection des titres ne repose pas sur une armée d’analystes, mais sur une plateforme propriétaire capable d’attribuer à chaque obligation un score fondé sur trois dimensions essentielles: la performance financière de l’émetteur, la solidité de son modèle économique et sa valorisation, comparée à celle de son secteur et des indices de référence. Cet outil permet d’identifier efficacement les émetteurs présentant le plus fort potentiel. Les gérants complètent ensuite ce premier filtrage par une analyse fondamentale approfondie. En matière de choix obligataires, la stratégie privilégie le portage tout en cherchant à minimiser le risque de défaut. Les gérants se concentrent notamment sur des obligations présentant une décote par rapport à l’indice et émises par des entreprises capables de se désendetter et de générer suffisamment de flux de trésorerie pour couvrir confortablement leurs charges d’intérêt.

Pourriez-vous nous en dire davantage sur votre expertise globale en matière de crédit?

Le fonds daté n’est pas l’unique véhicule de crédit que nous gérons. Notre expertise s’appuie notamment sur une stratégie flexible crédit, qui permet d’investir dans l’ensemble de la classe d’actifs – qu’il s’agisse d’AT1, d’Investment Grade ou de High Yield. Les allocations peuvent ainsi varier librement entre les différents segments en fonction du couple rendement/risque. Cette stratégie est en place depuis plus de six ans et représente aujourd’hui 450 millions d’euros d’encours. Le fonds daté constitue en revanche une première pour nous. Son lancement s’est imposé naturellement, car il répond aux besoins de certains investisseurs recherchant à la fois diversification, visibilité des rendement et réduction progressive du risque au fil du temps. À l’inverse, la stratégie flexible crédit n’intègre pas mécaniquement cette dimension de dérisquage, ce qui fait du fonds daté un complément parfaitement adapté à ce type de profil.

Comment décririez-vous l’expertise de RAM dans une perspective plus large?

Fondée en 2007, RAM AI gère des stratégies actions systématiques ainsi que des stratégies crédit. L’expertise crédit est venue s’ajouter progressivement, enrichissant l’offre et permettant de couvrir un spectre plus large de classes d’actifs. Depuis 2018, RAM AI s’appuie sur une plateforme d’intelligence artificielle intégrée au processus d’investissement. Dans les strategies credit, cette technologie intervient en amont pour effectuer un screening approfondi des titres, puis accompagne les équipes dans la prise de décision, en complément de l’analyse fondamentale. L’offre actions comprend des stratégies long only sur les marchés émergents, représentant environ 1 milliard d’euros, ainsi que des approches long/short systématiques. À ces expertises s’ajoute désormais une gamme crédit en pleine expansion, qui vient compléter l’architecture globale de la gestion.

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