L’appétit au risque opère un timide retour Downtown Manhattan hier. Il serait erroné de prétendre qu’il est général, ce sont avant tout les actions de croissance qui en bénéficient, comme l’illustre la performance du jour du NDX, le pur-100 de la tech américaine qui progresse de 0,84% sur la séance contre seulement 0,25% pour le S&P500 (SPX) et surtout un repli de 0,06% du SPW, l’indice S&P500 équipondéré. Cela nous confirme qu’hier l’armée dans son ensemble préfère rester en plaine, laissant les généraux gravir la colline, bien seuls. Le breadth l’illustre, qui est légèrement négatif, les volumes d’échanges reculent encore un peu plus tandis que la volatilité se replie de 4%, le VIX clôture à 16,59. Le podium du jour du SPX se compose des industrielles (bien aidées par Boeing, l’avionneur décolle de 10% après que son CFO a annoncé prévoir un free cash-flow positif l’an prochain), de la tech et des services de communication.
Les intervenants semblent retrouver quelque appétit acheteur, en revanche sur le marché obligataire c’est très calme, le rendement du 10 ans US traite ce matin à 4,07%, sa moyenne mobile à 50 jours évolue à 4,08%, un support majeur l’attend à 4,00%, le débouclement apparemment en cours du carry trade sur le yen y est peut-être pour quelque chose. Côté monnaies, le dollar faiblit, le Dollar Index (DXY) recule à 99,19, sa 200 jours semble avoir remporté la seconde manche, elle évolue actuellement à 99,57, place à la 50 jours qui se situe juste-en dessous du DXY, à 99,13, en revanche une golden cross se profile à un horizon d’une semaine, nous voici donc face à des signaux techniques contradictoires, nul ne doute que l’arbitre de cette situation s’appelle FOMC, décision attendue dans 7 jours, en l’état les Fed Funds prédisent 91% de probabilités d’une coupe de 25 points de base par la Fed. La paire EUR/USD cote 1,1638, elle a cassé sa 50 jours et s’attaque désormais à sa 100 jours (@1,1644). Le canal baissier à court terme de l’euro est désormais cassé, techniquement la paire pourrait viser son top en séance du 17 septembre à 1,1919.
Le sentiment du marché semble s’alléger quelque peu en ce milieu de semaine, la Fed est sur le point de donner de l’air à sa politique monétaire tandis que les statistiques macro-économiques sont de retour. À ce sujet vendredi sera publié le très important rapport PCE (Personal Consumption Expenditure), l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation. Alors certes, il s’agira des données de septembre, périmées d’un certain point de vue, mais c’est déjà ça et nous suivrons la publication avec intérêt. Et puis il y a le Bitcoin, ce truc bizarre que personne d’intellectuellement honnête ne sait valoriser. Le Bitcoin, c’est un peu l’or des jeunes, méprisé par les moins jeunes qui n’y comprennent rien, adulé par la génération Z (voire même la génération Alpha) qui y voit un moyen ludique de gagner plein de sous sans lever le petit doigt (quoi que, il faut tout de même cliquer).
Quoi qu’il en soit, le très sérieux hebdomadaire Barron’s consacre un article à ce sujet ce matin, qui explique que la reprise de la Bourse américaine en décembre dépendra largement d’un rebond du Bitcoin. La cryptomonnaie, considérée comme un indicateur de l’appétit au risque, a perdu près de 750 milliards de dollars de valeur depuis son pic du 5 octobre, chutant d’environ 30%. Cette baisse aurait incité les investisseurs à se détourner des actifs risqués et à se réfugier dans l’or et d’autres valeurs sûres. Selon Jack Caffrey de JPMorgan, la hausse de l’or et la pression sur le Bitcoin depuis plusieurs semaines montrent un recul marqué du goût pour le risque. Lundi, le Bitcoin est brièvement passé sous 84’000 dollars, tandis que certaines actions liées au Bitcoin, comme MicroStrategy, atteignaient leur plus bas depuis plus d’un an. Une partie de cette faiblesse est liée à l’Asie: la Banque du Japon a signalé une probable hausse de taux, ce qui a provoqué une envolée des rendements obligataires japonais et un démantèlement du carry trade en yen, une source de liquidité importante pour les marchés, y compris pour les cryptos. En attendant la décision de la Fed du 10 décembre, selon Barron’s le Bitcoin devrait rester un baromètre quotidien du sentiment de marché. Tant qu’il ne repart pas à la hausse durablement, les marchés américains d’actions restent vulnérables. Ce matin la plus connue des crypto-monnaies est de retour à 93’000 dollars, les futures US d’actions progressent de 0,2%, à suivre.
Les discussions entre Vladimir Poutine et les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont été «très utiles», selon le Kremlin, mais les deux parties ne sont pas encore parvenues à s'entendre sur un plan visant à mettre fin à la guerre menée par la Russie. Les États-Unis souhaitent mettre un terme au conflit d'une manière qui protège l'Ukraine, déclare Marco Rubio. L'UE a conclu un accord visant à supprimer progressivement toutes les importations de gaz russe d'ici 2027, cherchant ainsi à rompre définitivement les liens entre le bloc et son ancien principal fournisseur d'énergie.
Emmanuel Macron entame une visite de trois jours en Chine, avec la controverse sur Taïwan au centre de l'attention. Le président des Etats-Unis signe une loi visant à renforcer les liens entre les États-Unis et Taipei. Poutine se rend en Inde cette semaine, désireux de montrer qu'il entretient des relations solides au-delà de l'Occident.
Au menu macro-économique de ce mercredi, les indices PMI finaux des services des principales économies précéderont trois stats américaines: le rapport ADP sur l'emploi de novembre, les salaires du troisième trimestre et la balance commerciale d'octobre.
Airbus estime que 628 de ses appareils sont concernés par un problème de qualité sur des panneaux de structure. Le conseil d'administration de Kering approuve un dividende intérimaire de 1,25 euro par action. HSBC nomme Brendan Nelson président du conseil, succédant à Mark Tucker après une période d’intérim débutée le 1er octobre. Peter Brabeck-Letmathe renonce à son titre de président d'honneur de Nestlé. Marvell bondit de 8,7% post-séance après ses trimestriels. CrowdStrike et Okta perdent 3% après les leurs. La société qui rachète par ailleurs Celestial AI pour au moins 3,25 milliards de dollars, conformément aux rumeurs récentes. Comcast cherche à fusionner NBCUniversal avec Warner Bros à l'issue de son projet de rachat, selon Bloomberg. Amazon lance des agents IA capables de fonctionner sans aide pendant plusieurs jours. Le groupe lance aussi une nouvelle puce IA. La grande majorité des clients Netflix sont également abonnés à HBO Max, selon des sources obtenues par Reuters. Microsoft annonce que Mistral Large 3 est désormais disponible dans Azure. La low-cost argentine Flybondi va s’équiper de 15 Airbus A220-300 et 10 Boeing 737 MAX 10 entre 2027 et 2030. Anthropic fait appel à des avocats spécialisés dans les introductions en bourse pour se lancer avant OpenAI, selon le FT.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 1,14% à la cloche, Hong Kong recule de 1,28%, Shanghai perd 0,51%, Séoul prend 1,04% et le Nifty50 égare 0,34%. Les futures américains sont orientés légèrement à la hausse et l’Europe traite en progression de 0.5% dans les premiers échanges. L’or ne parvient pas à profiter du repli du billet vert, l’once traite ce matin à 4205 dollars, le pétrole semble se soucier des déclarations belliqueuses de Poutine à l’encontre de l’Europe comme de sa dernière chemise, le baril de WTI Light Crude repasse légèrement en-dessous de 59 dollars.