Ce jeudi 27 novembre est à oublier, pas de Wall Street, pas de NBA, le désert total quoi…
En l’absence de son phare, le reste de la cote n’évolue guère hier, que ce soit en Europe ou en Asie. Même les cryptos monnaies sont plutôt calmes, c’est dire, on notera tout de même le retour du Bitcoin au-dessus des 90'000 dollars. La semaine boursière est quasiment terminée depuis mercredi soir, le NYSE ouvre ses portes une demi-séance ce vendredi, clôture prévue à 19h CET pour la dernière séance du mois, l’indice S&P500 (SPX) pourrait le terminer dans le vert, il lui manque 0,4% pour cela, un objectif totalement impensable il y a encore une semaine, puis le «Fed put» a opéré son retour graduel dans les esprits.
Avant cette semaine, le SPX vivait son pire mois de novembre depuis 2008, le marché semblait déterminé à se détourner de l’intelligence artificielle, les discours sur une bulle spéculative se multipliaient, les résultats d’entreprises étaient passés au scanner sans ménagement, les budgets étatiques plombaient l’ambiance et un cercle d’investissement apparemment incestueux commençait à littéralement énerver le plus grand nombre dans les salles de marchés. La défiance vis-à-vis de la tech et plus précisément de l’IA ne s’est pas évaporée par enchantement en une semaine. En revanche on observe un marché devenu plus sélectif, qui élargit en parallèle le spectre de ses investissements, prenez par exemple le secteur de la pharma aux Etats-Unis, qui progresse d’un peu plus de 10% depuis le 1er octobre contre un peu moins de 2% de hausse du Nasdaq100 (NDX). Et puis il est clairement rassurant de constater que le secteur de la tech reste stoïque alors que sa locomotive Nvidia chute de 7% entre sa clôture de lundi et ses plus bas de mardi.
On se penche de plus près sur le thème de l’IA, qui semblait en difficulté il y a une semaine, après plusieurs signaux négatifs venus de Meta, puis de Nvidia. Les dépenses massives dans les data centers et la crainte que la croissance attendue ne se matérialise pas avaient alimenté l’idée que la grande période de l’IA touchait à sa fin. Mais derrière ces inquiétudes, il semble que le marché avait déjà commencé à se transformer. Alphabet a surpris positivement dès fin octobre, car contrairement à d’autres géants du cloud, l’entreprise gagne déjà de l’argent grâce à ses investissements en IA et ça, c’est tout sauf anecdotique. Son nouveau modèle Gemini, jugé meilleur que la concurrence et la montée en puissance de ses puces spécialisées TPU ont propulsé l’action, devenue cette semaine la troisième capitalisation américaine, derrière Nvidia et Apple. Si l’on gratte un peu plus, on observe que ce mouvement dépasse largement l’opposition entre Nvidia et Alphabet. Les investisseurs se sont tournés vers les entreprises liées aux efforts IA de Google (comme Broadcom, TTM Technologies, Celestica ou Lumentum), qui ont bondi en moyenne de 16% en une semaine. Les valeurs associées à Nvidia et OpenAI n’ont progressé que de 2,7% pour leur part (source: Barron’s).
Rien ne garantit que cette évolution de préférences se poursuive, mais un nombre croissant d’analystes estiment que le secteur n’est pas un jeu à somme nulle et qu’il y aura plusieurs gagnants. De nouveaux modèles concurrents arrivent, comme Grok de xAI ou la prochaine version de ChatGPT, tous utilisant des puces Nvidia. La course technologique pourrait donc se poursuivre et alimenter de nouveaux investissements.
Pendant ce temps, un autre groupe de valeurs souffre significativement: les logiciels. Workday a chuté de 8,7% malgré de bons résultats, en raison d’une croissance des abonnements jugée trop faible. Salesforce et Adobe sont fortement en baisse cette année, le marché craignant que l’IA réduise peu à peu leur activité. L’hebdomadaire Barron’s indique que certains analystes jugent ces inquiétudes excessives: de nombreuses entreprises du logiciel se traitent à des niveaux trop bas par rapport à leurs fondamentaux et pourraient rebondir en 2026. D’autres, comme Pegasystems et Teradata, pourraient au contraire profiter de l’IA grâce aux besoins en automatisation et aux coûts salariaux élevés, toujours selon Barron’s.
La volatilité avait tenté une échappée à la mi-novembre, la voici rattrapée par le peloton, elle rentre dans les rangs, décembre est en approche, pas le pire mois boursier historiquement, la Fed est attendue au tournant par les Fed Funds le 10 décembre, qui prédisent 82% de probabilités d’une baisse de 25 points de base à cette occasion. Les tarifs du grand blond semblent avoir été relégués aux oubliettes et les trimestriels de sociétés ne sont momentanément plus d’actualité.
À propos de tarifs, qui vous savez annonce qu’il pourrait réduire substantiellement voire supprimer totalement l’impôt sur le revenu au cours des deux prochaines années grâce aux recettes générées par les droits de douane. Les esprits taquins rappelleront insidieusement que ces fameux droits de douane restent en sursis et aussi que les élections de mi-mandat américaines se tiendront le 3 novembre 2026, c’est-à-dire demain.
Au menu macro-économique de ce vendredi, les dépenses de consommation et l’indice des prix à la consommation en France, qui ressortent tous deux meilleurs que prévu. Nous suivrons aussi l’inflation italienne à 11h, puis l’indice des prix à la consommation en Allemagne, à 14 heures.
Gucci (Kering) va nommer Gianluca de Ficchy, ex-Renault, comme CFO, selon l’agence Bloomberg. En Allemagne, le parlement doit approuver 2,9 milliards d'euros de dépenses des contrats militaires, qui devraient profiter à des entreprises comme Rheinmetall, Daimler ou Heckler & Koch. Le CEO de Banca Monte dei Paschi fait l'objet d'une enquête pour manipulation présumée du marché. Leonardo a présenté son système de défense intégré antimissile européen «Michelangelo Dome». Rheinmetall n'est pas en négociation avec Volkswagen sur le site d'Osnabrück, selon son PDG. La SEC enquête sur Jefferies au sujet du scandale First Brands. Un groupe de banques serait en pourparlers pour prêter 38 milliards de dollars supplémentaires à Oracle et Vantage afin de financer d'autres sites OpenAI, selon le FT. Une panne chez CME Group, provoquée par un problème de refroidissement dans un data center CyrusOne, a entraîné vendredi l’arrêt des échanges sur sa plateforme de devises ainsi que sur plusieurs contrats à terme couvrant le FX, les matières premières, les Treasuries et les actions. ASICS dément tout intérêt pour l'acquisition de Puma. Li Ning affirme ne pas discuter actuellement d'une opération sur le groupe allemand. Alibaba entre sur le marché des lunettes connectées avec l'IA Qwen.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo grappille 0,17% à la cloche, Hong Kong perd 0,34%, Shanghai gagne 0,34%, Séoul recule de 1,51% et le Nifty50 égare 0,05%. Le future SPX progresse de 0,1%, l’Europe rend 0,2% dans les premiers échanges. L’or est stable à 4161 dollars l’once, le pétrole déprime à 59,08 dollars le baril de WTI Light Crude et la paire EUR/USD traite à 1,1574, c’est stable sur cette partie.