USA: la Fed voit le marché de l’emploi se dégrader et l’inflation persister

AWP/AFP

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«La pression sur le coût des intrants concernait autant l’industrie que le commerce, principalement conséquence des hausses provoquées par les droits de douane», indique la banque centrale dans son «Livre beige».

Le marché de l’emploi continue de se dégrader alors que l’inflation persiste, du fait de l’impact des droits de douane, rendant la mission de la Réserve fédérale (Fed) d’autant plus compliquée, selon une enquête publiée mercredi par la banque centrale américaine.

La mission de la Fed est de s’assurer d’une hausse des prix limitée autour de 2% sur le long terme tout en maintenant les conditions s’approchant du plein emploi aux Etats-Unis, une double mission qui l’amène à déterminer les risques de part et d’autre pour mener sa politique monétaire.

Mais, selon les données de son «Livre beige», son état des lieux économique régulier basé sur les remontées des acteurs économiques, l’emploi a «légèrement décru» par rapport à sa dernière enquête, publiée mi-octobre. Dans le même temps, les prix ont augmenté «modérément» en partie du fait de l’impact des droits de douane mis en place par le président américain Donald Trump.

«Les prix ont augmenté modérément durant la période. La pression sur le coût des intrants concernait autant l’industrie que le commerce, principalement conséquence des hausses provoquées par les droits de douane», souligne la Fed dans son enquête.

Selon les régions, le coût induit par les surtaxes douanières n’a cependant pas forcément été intégré au prix final, les entreprises privilégiant «une compression de leurs marges», au risque de se retrouver sous pression financière.

D’une manière générale, les acteurs économiques interrogés s’attendent à une hausse de la pression sur les coûts, même si l’effet sur le prix final pourrait être partiellement limité à court terme.

Du côté de l’emploi, près de la moitié des régions pointent un rythme de recrutement plus faible, avec certes une hausse des licenciements mais surtout des entreprises qui utilisent d’autres ressorts, comme l’ajustement du temps de travail, le gel des embauches et le non remplacement des départs.

Dans le même temps, il est désormais plus facile pour les entreprises de trouver des candidats, signe que les tensions observées sur le marché de l’emploi après la pandémie de Covid-19 se sont dissipées.

Dans ces conditions, la consommation des ménages souffre et baisse dans l’ensemble, avec cependant une divergence de plus en plus marquée entre les foyers disposant de revenus élevés, qui maintiennent leur niveau de consommation, et les autres, qui retardent leurs dépenses.

La paralysie budgétaire («shutdown»), qui a duré 42 jours entre octobre et novembre, a par ailleurs pesé sur la consommation, selon des commerçants interrogés.

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) doit se réunir les 9 et 10 décembre prochain pour déterminer s’il procédera, ou non, à une nouvelle baisse de 0,25 point de ses taux directeur, une tendance qu’envisagent pour l’heure très largement les analystes, selon l’outil de veille de CME, FedWatch.

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