USA: agriculteurs et entreprises alertent sur une hausse des prix liée aux droits de douane

AWP/AFP

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Les prix des intrants, comme les graines, engrais, produits chimiques ou équipements, étaient déjà à des niveaux records. «Ces surtaxes les ont encore poussé à la hausse», déplore le syndicat des agriculteurs du Kansas.

La période des fêtes, qui débute jeudi aux Etats-Unis avec Thanksgiving, risque de miner les foyers américains déjà confrontés à un pouvoir d’achat en berne, tandis que les agriculteurs et entreprises alertent sur l’impact des droits de douane voulus par Donald Trump.

Signe de cette tension, les prix des aliments ont augmenté de 2,7% sur un an en septembre et, selon un récent sondage, les Américains jugent les produits alimentaires comme la catégorie la plus difficile à assumer financièrement.

Ces inquiétudes et les prises de position contre les droits de douane de l’administration Trump se démarquent de la communication du gouvernement, qui tente au contraire de convaincre les Américains de l’excellent état de l’économie.

«Même si les effets de mes grandes décisions économiques ne sont pas encore totalement compris, cela va finir par arriver! Car tout va pour le mieux», a écrit le président américain sur son réseau social Truth durant le week-end, assurant au passage que «les prix baissent fortement».

La Maison-Blanche a fait état de repas de Thanksgiving moins chers cette année dans les magasins, mais des analystes soulignent que cela peut être simplement dû à leur composition et au choix des produits.

Dans les faits, les Etats-Unis n’ont pas été confrontés à une envolée de l’inflation à cause des droits de douane, mais des représentants de la banque centrale américaine (Fed), des économistes ou des chefs d’entreprise reconnaissent que les surtaxes ont eu un impact sur les prix.

«Du fait d’une hausse de nos coûts, principalement à cause des droits de douane, nous avons dû augmenter le prix de nos légumes», a pointé auprès de journalistes Mary Carroll Dodd, agricultrice en Caroline du Nord (est du pays).

Les prix des intrants, comme les graines, engrais, produits chimiques ou équipements, étaient déjà à des niveaux records avant l’instauration de nouveaux droits de douane, a souligné Nick Levendofsky, président du syndicat des agriculteurs du Kansas (centre). «Ces surtaxes les ont encore poussé à la hausse», a-t-il ajouté.

Sur le marché de gros, le prix des dindes est en hausse de 40% sur un an, entre difficulté d’approvisionnement et maladies touchant le cheptel, selon une enquête de l’American Farm Bureau Federation, une organisation agricole.

La hausse des prix devrait se poursuivre, même si les détaillants tentent d’attirer les consommateurs avec des promotions.

Défis commerciaux

D’après cette enquête, les prix des légumes frais ont bondi, en raison d’une «pénurie persistante de main-d’oeuvre agricole» et d’une augmentation rapide des salaires, qui alourdissent les coûts.

«Il est presque certain qu’une partie de cette pénurie de main-d’oeuvre est due à la politique anti-migratoire du gouvernement», a estimé Jeremy Horpedahl, du Cato Institute, un centre de réflexion libertarien.

Mais pour les défenseurs de la stratégie commerciale de M. Trump, les droits de douane ne sont pas responsables de la hausse des prix observée dans l’alimentation, le logement ou la santé.

Selon Jeff Ferry, membre d’un groupe de réflexion soutenant les droits de douane, les prix du boeuf, par exemple, ont augmenté du fait de la sécheresse et de la réduction des troupeaux.

«La chaîne d’approvisionnement, fabricants et importateurs inclus, ont rogné sur leurs marges pour absorber l’effet des droits de douane et réduire la hausse des prix finaux», a-t-il affirmé.

Signe néanmoins que le gouvernement a conscience des difficultés pour les agriculteurs, en particulier du fait de sa guerre commerciale la Chine, il considère de leur venir en aide. Une annonce devrait tomber «probablement la semaine prochaine ou après», a déclaré la secrétaire à l’Agriculture Brooke Rollins.

Mais «les agriculteurs ne veulent pas d’aide financière, ils veulent vivre de la vente de leurs produits», a relevé M. Levendofsky.

Et pour les petits commerces, les temps sont durs, même à l’approche de la période des fêtes.

L’entreprise de Jared Hendricks, basée dans l’Utah (ouest) et spécialisée dans les décorations pour les fêtes, a vu les droits de douane lui coûter «près d’un million de dollars cette année».

«Dans une certaine mesure, au lieu de travailler pour nous, nous le faisons pour compenser les droits de douane», regrette-t-il.

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