Elections au Chili: un virage à droite

Thierry Larose, Vontobel Asset Management

1 minute de lecture

Une présidence probable de Kast, associée à un Congrès orienté à droite mais fragmenté, devrait soutenir les actifs locaux tels que les obligations chiliennes et le peso.

©Keystone

 

Comme l’anticipaient largement les sondages et les analystes, l'élection présidentielle au Chili se dirige vers un second tour le 14 décembre, opposant la candidate communiste Jeannette Jara au conservateur de droite José Antonio Kast. Les deux candidats ont recueilli respectivement 26,8% et 23,9% des suffrages.

Cependant, l’élément central réside dans la faible marge de 3 points entre les deux principaux candidats. Avec la part combinée des voix de l’ensemble des candidats de droite dépassant les 50%, il semble hautement probable que M. Kast parvienne à consolider ces votes au second tour, le positionnant pour une victoire décisive.

Un autre fait notable a été la solide performance du candidat populiste de centre-droit Franco Parisi. Bien que sa score de 19,5% des voix (surpassant de manière inattendue le libertarien Johannes Kaiser et la candidate du pouvoir économique établi Evelyn Matthei) n'ait pas d’incidence direct sur la course présidentielle, son parti PDG a émergé comme le grand gagnant des élections législatives.

Le PDG (Parti de la Gente) a obtenu 14 sièges à la Chambre des députés, devenant un acteur clé dans les négociations législatives. Les coalitions de droite combinées, «Chili Grande y Unido» (34 sièges) et «Cambio por Chile» (42 sièges), ont manqué de seulement deux sièges la majorité de 78 nécessaire pour contrôler la Chambre, laissant le PDG dans une position d’arbitre.

Au Sénat, les coalitions de droite ont obtenu 25 des 50 sièges, soit un siège de moins que la majorité absolue. Malgré ce léger manque, le résultat marque un tournant historique, car c'est la première fois que la droite atteint la parité au Sénat depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990.

Du point de vue des marchés, ce résultat est perçu comme modérément favorable pour les actifs chiliens. Une présidence probable de Kast, associée à un Congrès orienté à droite mais fragmenté, devrait soutenir les actifs locaux tels que les obligations chiliennes et le peso. Les investisseurs se montreront probablement prudemment optimistes quant à d'éventuels ajustements fiscaux et des politiques de croissance sous une administration Kast.

A lire aussi...