Gonet: l'actualité des marchés au 12 novembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +1,18%, S&P 500 +0,21%, Nasdaq -0,25%, Russell +0,11%, SOX -2,48%, Eurostoxx +1,08%, SMI +1,98%.

Séance vintage à Wall Street hier, on ressort les Borsalinos pour l’occasion, les étoiles de la tech sont momentanément rangées au placard, ce mardi le marché fait la fête aux titres dits de valeur tels que Amgen, Goldman Sachs, McDonald’s, UnitedHealth, Johnson&Johnson ou encore l’inoxydable IBM. C’est à se demander si hier le NYSE ne rend pas un vibrant hommage à l’investisseur le plus célèbre et le plus respecté de l’histoire. 

En effet, À 95 ans, Warren Buffett annonce lundi son retrait progressif de la direction de Berkshire Hathaway à la fin de l’année. Il ne rédigera plus ses célèbres lettres aux actionnaires ni ne prendra la parole lors des assemblées générales, tournant la page sur près de 70 ans de carrière. Greg Abel, son adjoint de longue date, lui succédera, tandis que Buffett restera président du conseil. Buffett, connu pour son approche de «value investing», a bâti une fortune de près de 150 milliards de dollars et transformé Berkshire en conglomérat valant plus de 1000 milliards de dollars. Ses performances, 19,9% de rendement annuel moyen entre 1965 et 2024, sont proprement surréalistes et ont largement dépassé celles du SPX. Buffett compte désormais intensifier ses dons, versant 1,3 milliard de dollars à plusieurs fondations familiales. Il quitte la scène en légende vivante de la finance mondiale, chapeau bas l’artiste. 

Il fallait bien un record historique de papi Dow Jones pour l’occasion, c’est chose faite hier, le vénérable indice termine la séance à 47'927 points, 50'000 points nous voilà? Les investisseurs se concentrent sur la santé, l’énergie et les biens de consommation de base. Seul secteur à clôturer dans le rouge hier, la tech qui subit les replis de Nvidia (NVDA -2,96%), AMD -2,65% et Broadcom (AVGO -1,79%). Le reste des géants du numérique passe une bonne journée, Apple (AAPL +2,16%), Netflix (NFLX +1,46%), Microsoft (MSFT +0,53%), Alphabet (GOOG +0,40%) et Amazon (AMZN +0,28%) s’en sortent bien, dans des volumes d’échanges en net repli (Veterans’ Day?) et un breadth positif, surtout sur le S&P500 (SPX). On observe que son alter ego équipondéré (SPW) progresse de 0.58% contre +0,21% au SPX, le plus grand nombre marche donc en direction du sommet de la colline hier, croisant au passage la volatilité qui recule encore, le VIX perd 2% à 17,28, sa moyenne mobile à 50 jours se trouve à 17,15, il la regarde désormais dans le blanc des yeux, c’est à suivre de près.

Tiens en parlant de plus hauts historiques, le Dow Jones n’est pas seul à s’y hisser hier, il est accompagné par le Footsie britannique, le FTSE Mib milanais, le TOPIX japonais et l’indice Stoxx Europe 600. L’indice SMI (Swiss Market Index) ne poste pas de record mais réalise une belle performance hier, porté par l’espoir que qui vous savez fasse preuve de clémence envers notre chère Helvétie (et peut-être aussi de reconnaissance pour cette jolie horloge Rolex ainsi que le lingot d’or dédicacé). Le dossier pourrait se débloquer encore plus vite que prévu, j’y reviens, dans l’intervalle notez que le franc reprend sa hausse contre le billet vert, la paire traite ce matin à 0,7994, moyenne mobile à 100 jours à 0,8001, la 50 jours est à 0,7982, si ça casse ensuite on peut tout à fait revenir visiter 0,7926 dans un premier temps.

En parlant de monnaies, le combat de rue qui oppose le Dollar Index (DXY) à sa moyenne mobile à 200 jours semble tourner à l’avantage de cette dernière. Le DXY recule à 99,52, la 200 jours évolue à 100,13. La paire EUR/USD traite ce matin à 1,1586, elle fait face à une solide résistance à 1,1662 (50 et 100 jours). 

Côté marché obligataire, qui faisait dodo hier, les affaires reprennent, le 10 ans US recule légèrement à 4,09%, un tick au-dessus de sa 50 jours, si ça casse ensuite retour techniquement possible à 4,00%, ce qui ferait les affaires de l’or qui brille à nouveau depuis le 5 novembre et est de retour à 4129 dollars l’once. Un billet vert et des rendements obligataires US en repli sont une bonne nouvelle pour la relique barbare, on sait aussi que les petits porteurs et les banques centrales semblent encore et toujours avoir de l’appétit pour le métal jaune, le seul hic qui ennuie votre serviteur, c’est que la correction entamée après le top de 4381 dollars posté le 20 octobre aurait en théorie dû être plus prononcée, en théorie ceci dit. 

Le Wall Street Journal publie un article sur la Fed, signé Nick Timiraos, considéré par beaucoup comme le porte-parole officieux de la Réserve Fédérale, on le lit donc, en voici un résumé: la Réserve fédérale américaine est profondément divisée sur l’opportunité d’une nouvelle baisse de taux en décembre. Le blocage résulte d’un désaccord inédit depuis l’arrivée de Jerome Powell: faut-il prioriser la lutte contre une inflation encore tenace ou soutenir un marché du travail en perte de vitesse? Après deux baisses successives, les «faucons» s’opposent à un nouvel assouplissement, craignant que les entreprises ne répercutent les hausses de tarifs douaniers sur les prix. La fermeture du gouvernement, qui a interrompu les statistiques sur l’emploi et les prix, a aggravé les divergences: les uns y voient une économie affaiblie, les autres une inflation toujours trop forte. Powell tente de maintenir l’équilibre entre ces camps alors que l’économie traverse une phase de «stagflation» liée aux politiques commerciales et migratoires de l’administration Trump. La décision du 9-10 décembre reste incertaine, certains responsables estimant que les réunions de décembre et janvier sont interchangeables, tandis que d’autres envisagent une baisse assortie d’un signal de prudence pour la suite. La lecture de cet article laisse songeur, la Fed tenterait-elle de calmer les ardeurs du marché en vue du FOMC du 10 décembre? En l’état les Fed Funds prédisent 64% de probabilités d’une coupe de 25 points de base à cette occasion, on va suivre ce dossier de près, le sujet est fondamental pour les actions, qui se fient presque toujours aux promesses faites par les Fed Funds. 

Retour au pays, la Suisse pourrait prochainement voir les surtaxes américaines sur ses exportations réduites, possiblement dès le 13 ou 14 novembre. D’après une source citée par l’agence Reuters, un accord visant à ramener les droits de douane imposés par Washington de 39% à 15% serait sur le point d’être conclu, offrant un soulagement attendu par les exportateurs suisses durement touchés depuis août, notamment dans l’horlogerie, la machine-outil et le chocolat. Le feu vert final dépend toutefois du président américain, connu pour ses volte-face, même s’il a récemment laissé entendre qu’un allègement était probable. Les négociations sont menées par le Seco, sous la direction du ministre de l’Économie Guy Parmelin et de la secrétaire d’État Hélène Budliger Artieda, en contact régulier avec le représentant américain au commerce Jamieson Greer. Ces échanges font suite à une rencontre remarquée entre Trump et plusieurs dirigeants d’entreprises suisses, dont Rolex, Richemont, MSC et Partners Group, à la Maison-Blanche. Cette entrevue, jugée «extrêmement positive», aurait relancé les discussions après que les patrons helvétiques ont offert au président américain une barre d’or gravée et une montre Rolex. En contrepartie d’une baisse des tarifs, la Suisse aurait accepté d’accroître ses achats d’armement américain, d’ouvrir davantage son marché énergétique et de renforcer le raffinage d’or aux États-Unis, tandis que Roche et Novartis ont annoncé de nouveaux investissements outre-Atlantique. 

Au menu macro-économique de ce mercredi, plusieurs discours de membres de la Fed, rien d’autre de bien intéressant à signaler.

Luca de Meo a failli prendre les commandes de LVMH avant de filer chez Kering, selon La Lettre. LVMH qui entre au capital de la Manufacture La Joux-Perret en Suisse. Bayer publie un bénéfice ajusté au troisième trimestre qui dépasse les prévisions du marché. Infineon confiant pour ses systèmes dédiés à l'IA en 2026. EON enregistre une perte nette au troisième trimestre. Alcon affiche un bénéfice net en baisse au troisième trimestre et confirme ses objectifs annuels. Novo Nordisk réduit de 37% le prix du Wegovy en Inde. Sika émet 600 MCHF d'obligations en trois tranches. La Maison Blanche chercherait à limiter le pouvoir actionnarial des sociétés de conseil et des fonds indiciels comme BlackRock, selon le WSJ. AMD a présenté hier soir sa stratégie de moyen terme. Le titre prenait 4% hors séance. Eli Lilly rompt avec le régime de prestations pharmaceutiques de CVS Health pour ses employés, après que CVS a retiré le médicament amaigrissant de Lilly au profit du rival Wegovy de Novo Nordisk. Microsoft va investir 10 milliards de dollars au Portugal. Fedex a bondi de 5,5% hier après des commentaires positifs de son directeur financier sur les perspectives de fin d'année. Coinbase met fin aux négociations avec BVNK pour un rachat à 2 milliards de dollars. Volkswagen et Xpeng prévoient le lancement en 2026 d'un SUV électrique fabriqué en Chine. Sony annonce la commercialisation au Japon du modèle PlayStation 5 au prix de 55'000 yens (environ 307 euros).

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis Shanghai qui égare 0,07%. Tokyo progresse de 0,43% à la cloche, Hong Kong prend 0,81%, Séoul avance de 1,07% et le Nifty50 monte de 0,83%. Le future SPX avance de 0,3%, son compère du Nasdaq prend 0,5% et l’Europe ouvre en progression de 0,4%.

Bonne pèche à la truite Warren, la caravane boursière reconnaissante poursuit sa route vers le nord. Cette chronique, bien souvent truffées d’inepties et taquine à dessein, ne s’est jamais moquée de Warren Buffet, le marché est un peu orphelin aujourd’hui. 

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