Gonet: l'actualité des marchés au 11 novembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,81%, S&P 500 +1,54%, Nasdaq +2,27%, Russell +0,94%, SOX +3,02%, Eurostoxx +1,76%, SMI +1,28%.

Le 1er octobre le gouvernement des Etats-Unis a éteint la lumière, 1,6 million de fonctionnaires ont été priés d’aller voir chez eux si le président s’y trouvait, 700'000 d’entre eux n’ont pas été payés pendant les 43 jours que devrait avoir duré ce «shutdown», un record. J’écris «devrait» car les étoiles semblent alignées pour que cette fermeture cesse, après que le Sénat a adopté un projet de loi de financement temporaire. La Chambre des représentants prévoit de voter sur cette mesure dès demain, avant qu’elle ne soit transmise au président pour signature. Les économistes estiment que chaque semaine de shutdown retranche 0,1% du PIB des Etats-Unis, en soit ce devrait être considéré comme inquiétant, dans les faits le marché semble s’en soucier comme de sa dernière chemise, au pire si le moteur économique ralentit la Fed coupera ses taux, cela ajoutera de l’huile dans le moteur des liquidités et qui va en profiter avant tout? Le joyeux royaume des actions pardi. D’ailleurs il est assez étonnant de constater qu’entre le 1er octobre et vendredi passé le 7 novembre, l’indice S&P500 (SPX) a progressé de 0,35%. Pendant que les media de tous bords nous décrivaient une situation potentiellement apocalyptique (pour les fonctionnaires non payés ce fut clairement le cas), la caravane boursière continuait tranquillement son chemin, le shutdown lui en touchant une sans faire bouger l’autre.

Et donc, fort logiquement comme à son habitude, dès lors que l’on comprend dimanche que la fin du shutdown approche, les acheteurs se ruent hier sur tout ce qui a trait à la tech et à l’IA, provoquant un rallye boursier général. Wall Street ignore donc les mauvaises nouvelles et célèbre volontiers les bonnes, voilà où en est actuellement le sentiment du marché, guide incontesté de la direction que prennent les indices.

Meilleure performance journalière depuis mai pour l’indice Nasdaq100 (NDX) en ce lundi. On constate que la moyenne mobile à 50 jours (@24'753 pts) a très bien fonctionné, le NDX clôture à 25'611 pts. Les géants de la tech sont activement recherchés, sans exception, avec dans le rôle des locomotives Nvidia, AMD, Alphabet et Tesla. La plus mauvaise performance du jour de ce pack est à chercher du côté d’Apple (AAPL +0,36%). Le SPX a lui aussi récemment rebondi de sa 50 jours, son podium du jour se compose de la tech, des services de communication et de la consommation discrétionnaire. Ce podium a lui seul nous montre qu’hier est une journée marquée par un retour clair et net de l’appétit au risque. Les volumes d’échanges restent en revanche limités, à ce propos l’indice S&P500 équipondéré (SPW) progresse de 0,52% contre +1,54% au SPX, ce qui confirme que les géants de la tech on repris les choses en mains. Le breadth est nettement positif, sur le SPX comme le NDX. On observe que même le Russell2000 (RTY, les petites capitalisations américaines) récupère sa 50 jours à la cloche, la configuration technique de ce marché se solidifie hier. La volatilité en prend acte et recule de 8%, le VIX revient à 17,60, sa 50 jours se situe juste en-dessous, à 17,15, sa 200 jours évolue à 19,44.

Au chapitre des monnaies, le Dollar Index (DXY) a été envoyé dans les cordes par sa 200 jours mais ne met pas un genou à terre, il revient ce matin à 99,66, la 200 dma passe par 100,18. La paire EUR/USD cote 1,1566, les moyennes mobiles à 50 et 100 jours passent pile au même endroit, le rafraichissant niveau de 1,1664. Quant au  marché obligataire, qui restera fermé aux Etats-Unis aujourd’hui pour célébrer les vétérans de l’armée américaine, il envoie le rendement du 10 ans hier soir à 4,12%, la 50 jours traite à 4,09%.

L’administration américaine devrait donc rouvrir demain, soyez attentifs, les statistiques macro importantes pourraient être publiées rapidement, sans forcément prévenir, de l’action à venir en perspective donc, va falloir rester devant ses écrans…

Selon l’agence Bloomberg, la Suisse pourrait bientôt voir les droits d’entrée sur ses produits aux États-Unis passer de 39% à 15%. L’agence, citant des sources anonymes, indique qu’un accord pourrait être signé d’ici deux semaines, tout en précisant qu’aucune décision n’est encore définitive. Les discussions restent fragiles, comme en juillet dernier, lorsque des négociations prometteuses avaient échoué à la dernière minute. Le Département fédéral de l’économie n’a pas confirmé ces informations, se contentant d’affirmer que les pourparlers étaient toujours en cours. De son côté, le président américain indique vouloir réduire un peu les droits de douane visant la Suisse, sans avancer de chiffre précis. Le 4 novembre, plusieurs grands patrons suisses, notamment de MSC, MKS Pamp, Mercuria, Rolex, Richemont et Partners Group, ont rencontré le locataire de la Maison-Blanche dans le Bureau ovale. Ce dernier a ensuite salué cette rencontre sur Truth Social, évoquant des discussions sur le commerce et le déséquilibre commercial et confiant la suite des négociations à son représentant au commerce, Jamieson Greer. Les esprits taquins se feront une joie de souligner qu’à cette occasion, les émissaires helvétiques auraient remis à qui vous savez une Rolex et un lingot d’or gravé d’une dédicace, un geste symbolique pour souligner l’amitié entre les deux nations. L’heureux récipiendaire aurait dit: «merci beaucoup», ce à quoi la délégation helvète aurait répondu: «service». La Suisse, très dépendante de ses exportations, figure parmi les pays les plus touchés par la politique protectionniste américaine, avec un taux de 39% sur de nombreux produits dont les montres, les machines, le chocolat et le fromage. Berne craint la perte de dizaines de milliers d’emplois et un impact sur l’industrie pharmaceutique, alors que Washington a déjà conclu des accords similaires avec l’Union européenne et d’autres partenaires commerciaux.

Au menu macro-économique de ce mardi, le taux de chômage britannique de septembre (sorti  à 5%, 1 tick au-dessus des attentes) et l'indice ZEW de confiance des financiers en Allemagne (11h00).

Munich Re affiche une forte hausse de ses bénéfices au troisième trimestre et maintient son objectif 2025. ABB prévoit une introduction en bourse d'E-Mobility après 2026. CoreWeave chute de 6% post-séance après ses trimestriels. Warren Buffett se retire mais va garder ses actions Berkshire Hathaway. Il ne fera en revanche plus de commentaires sur la stratégie, pour laisser les nouveaux dirigeants libres de leurs choix. Visa et Mastercard ont proposé un accord révisé de 38 milliards de dollars avec les commerçants qui accusaient les réseaux de cartes de crédit de facturer des frais trop élevés pour accepter leurs cartes. La justice doit encore l'homologuer. Netflix ouvre ses premiers parcs à thème aux Etats-Unis. Apple retarde la sortie du prochain iPhone Air en raison de ventes décevantes, révèle The Information. Boeing obtient l'accord de la FAA pour entamer la prochaine phase majeure des essais de certification du 777X, selon The Air Current. Sony relève ses prévisions grâce au succès de Demon Slayer. Elliott achète 3,26% du capital de Toyota Industries pour faire pression afin d'obtenir un prix de rachat plus élevé de Toyota Motor. Softbank grimpe après de bons chiffres.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo égare 0,14% à la cloche, Hong Kong grappille 0,09%, Shanghai recule de 0,39%, Séoul prend 0,81% et le Nifty monte de 0,18%. Le future SPX reprend son souffle, l’Europe ouvre en hausse de 0,3% et l’or reste demandé, l’once remonte à 4135 dollars.

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