L’inflation de septembre, publiée avec retard, est ressortie légèrement inférieure aux attentes, confortant la Réserve fédérale dans son virage accommodant engagé à la fin de l’été.
Lors de son dernier comité, le FOMC a abaissé une nouvelle fois la fourchette de son taux directeur à 3,75% – 4,00%, tout en annonçant la fin du programme de Quantitative Tightening à compter du 1er décembre. Jerome Powell a toutefois souligné qu’aucune trajectoire prédéterminée n’était fixée, laissant ouverte la possibilité d’une nouvelle baisse en décembre. Parallèlement, la tension observée sur le marché du repo souligne un déséquilibre persistant entre liquidité et collatéral, que la Fed pourrait chercher à corriger par une expansion graduelle de son bilan.
Sur le plan international, les tensions commerciales entre Washington et Pékin se sont ravivées après l’annonce par la Chine de nouvelles restrictions sur les exportations de terres rares. Ressource stratégique dont Pékin contrôle la majeure partie de la production et du raffinage, ces métaux ont une importance clé pour les chaînes industrielles américaines. Un compromis a néanmoins été trouvé fin octobre lors d’une rencontre bilatérale à Séoul: report d’un an de ces restrictions et allègement partiel des tarifs américains, notamment sur le fentanyl, en contrepartie d’un dialogue renforcé sur l’accès au marché chinois des entreprises de l’intelligence artificielle.
Malgré ces tensions, les enquêtes conjoncturelles américaines continuent d’indiquer un ralentissement progressif, sans basculement brutal. En Europe, la dynamique reste contrastée: l’Espagne et l’Italie affichent une croissance solide, soutenue par les services, tandis que la France reste à la traîne. L’Allemagne montre des signes de redressement, portée par la reprise du secteur tertiaire. La BCE, de son côté, a maintenu ses taux inchangés, saluant la résilience de la zone euro dans un environnement global encore incertain.
Évolution des marchés - Les dix géants dominent le S&P 500
Sur les marchés financiers, octobre a été marqué par la nette progression des indices américains, tirés par les valeurs technologiques et l’optimisme autour de l’intelligence artificielle. Le S&P 500 a gagné 2,3% et le Nasdaq 100 près de 4,8%, confirmant la domination des grandes capitalisations. Les dix premières sociétés de l’indice représentent désormais plus de 40% de sa capitalisation totale et près d’un tiers des bénéfices anticipés.
Les taux souverains ont légèrement reculé des deux côtés de l’Atlantique: le 10 ans américain s’est établi à 4,08% et le Bund à 2,63%. Le spread OAT–Bund s’est resserré à 79 points de base, la stabilité politique française ayant contribué à apaiser les marchés. En Europe, le Stoxx Europe 600 a progressé de 2,6%, soutenu par la vigueur des métaux industriels et des valeurs de l’énergie, tandis que l’automobile et la chimie restent pénalisées par la faiblesse de la demande mondiale.
Enfin, les métaux précieux ont poursuivi leur progression: l’or et l’argent ont gagné respectivement 3,7% et 4,4% sur le mois, confirmant leur rôle de valeurs refuge dans un environnement toujours marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques.