Gonet: l'actualité des marchés au 3 novembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,09%, S&P 500 +0,26%, Nasdaq +0,61%, Russell +0,54%, SOX +0,18%, Eurostoxx -0,65%, SMI -0,61%.

Les investisseurs qui ont misé sur une baisse du S&P500 (SPX) en octobre font grise mine ce matin. L’indice termine le mois en hausse de 2,3%, contredisant la fameuse «octobre phobie» née des krachs boursiers de 1929 et 1987. Le Nasdaq100 (NDX) fait encore mieux, gagnant 4,3%, porté par la vigueur du secteur technologique. En fin de semaine passée Amazon bondit de 9,6% grâce à la forte croissance de son activité cloud et à la demande soutenue en intelligence artificielle et en infrastructures. L’annonce entraîne d’autres valeurs liées à l’IA, comme Palantir et Oracle. Nvidia devient la première entreprise à atteindre une valorisation de 5’000 milliards de dollars. Son CEO Jensen Huang décrit un « cercle vertueux » : plus l’IA est utilisée, plus les investissements augmentent, ce qui améliore encore la technologie et alimente son usage. Cela est probablement discutable mais le marché achète manifestement l’idée, d’ailleurs les géants du numérique annoncent des hausses spectaculaires de leurs dépenses d’investissement, majoritairement destinées à l’infrastructure IA.

Au-delà du phénomène de l’IA, la saison 3 des résultats trimestriels de sociétés se passe bien. Selon les données de FactSet, le bénéfice par action moyen des entreprises du SPX a progressé de 10,7% entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. Ce calcul repose déjà sur les résultats de plus de 60% des sociétés de l’indice, dont la majorité des plus grandes capitalisations. Autrement dit, si l’économie américaine montre des signes de faiblesse, ce n’est clairement pas du côté des grandes entreprises qu’il faut en chercher la cause. Les secteurs bancaire et technologique sont les principaux moteurs de cette performance, ayant largement dépassé les attentes. Par ailleurs, sur la plateforme de paris Polymarket, la probabilité d’une récession aux États-Unis cette année chute à 3%, alors qu’elle atteignait encore 66% en avril dernier.

Côté guerre commerciale, la rencontre entre les présidents chinois et américain de la semaine passée a confirmé que Xi Jinping détient de nombreuses cartes face à qui vous savez, notamment en ce qui concerne les terres rares. C’est plutôt un bon signe pour le marché, on sait que dès qu’une force suffisamment solide se dresse face à lui, qui vous savez fait immédiatement du TACO, or des échanges constructifs et plutôt équilibrés entre les deux plus importantes puissances économiques mondiales ne peuvent que faire du bien au sentiment du marché. 

Et puis n’oublions pas le «Fed Put», cette notion que la Réserve Fédérale des Etats-Unis est là, qui veille affectueusement sur le marché des actions, prête à ouvrir le robinet des liquidités si la machine menace de se gripper. Le Fed Put est actuellement renforcé par le départ annoncé de Jerome Powell de la tête de l’institution dans 7 mois, nul ne doute que le président américain mettra un sbire à sa place. 
Aujourd’hui les ours misent plus ou moins tout sur dame inflation, qui n’a pas disparu mais ne montre pas non plus de signes d’accélération. À ce sujet, le gouvernement des Etats-Unis étant toujours fermé, la plupart des publications macro prévues ne seront pas publiées, laissant ainsi la Fed dans le flou.

La séance de trading de vendredi consacre le sixième mois de hausse consécutif du SPX, le breadth est positif malgré une bonne partie des géants de la tech qui terminent leur séance dans le rouge, notamment META qui digère plutôt mal ses trimestriels, on constate donc que META verse (et moi je sors). Amazon fait exception, qui nous fait une Space-X, le podium du jour du SPX se compose de la consommation discrétionnaire, de l’énergie et des industrielles. Le SPX progresse de 16% depuis le début de l’année, le sentiment semble léger en ce début du joli mois de novembre, notez que c’est cette semaine que la Cour Suprême des Etats-Unis doit se pencher sur les droits de douane du grand blond énervé (on ne sait pas précisément quand elle statuera), on se concentrera aussi sur des résultats d’entreprises et notamment ceux de Palantir, AMD, McDonald’s, Airbnb, BP, Novo Nordisk, AstraZeneca, Rheinmetall, Zurich Insurance ou encore Engie. Côté banques centrales, nous suivrons les décisions de la RBA (Australie) et de la Banque d’Angleterre), deux pays confrontés à une accélération de l’inflation. 

Côté marché obligataire c’est plutôt calme. Le rendement du 10 ans US traite à 4,09% ce matin, il est en train de mesurer à sa moyenne mobile à 50 jours, qui évolue actuellement à 4,10%. Le rebond des rendements obligataires de la semaine passée est dû à Jay Powell qui a calmé les ardeurs des intervenants quant à une baisse supplémentaire de 25 points de base cette année encore, forçant les Fed Funds à revoir leur copie. Ils prédisent désormais 67% de probabilités d’une coupe de 0,25% lors du prochain FOMC du 10 décembre, contre près de 100% avant le discours du patron de la Fed. 

Au chapitre des monnaies, le dollar en profite, la paire EUR/USD revient à 1,1521, elle tente de casser le niveau de 1,1542, si elle y parvient ensuite elle se concentrera sur 1,1392.

Allez on se penche sur quelques tops et flops de la semaine écoulée: Straumann gagne 12,3% après un troisième trimestre solide. Le ralentissement de son activité en Chine ne remet pas en cause ses prévisions annuelles, tandis que le groupe suisse renforce son pôle orthodontique grâce à un partenariat avec le chinois Smartee et une collaboration avec la française DentalMonitoring, spécialiste du suivi à distance des traitements dentaires. Amazon progresse de 8,92% après avoir largement dépassé les attentes, portée par la forte demande en intelligence artificielle sur AWS et la croissance du e-commerce dans toutes les régions, ce qui conduit à relever ses perspectives. Nokia s’envole de 9,94% après l’annonce de l’entrée de Nvidia à hauteur de 2,9% dans son capital et d’un partenariat autour de l’IA et de la 6G; son action a presque doublé depuis août. Alphabet avance de 8,18%, stimulée par la hausse de la publicité en ligne et le dynamisme de Google Cloud, soutenu par l’intelligence artificielle, tandis que le groupe prévoit d’accélérer ses investissements dans ce domaine. Sandoz grimpe de 7,52%, profitant de la rentabilité croissante des biosimilaires et de leur expansion mondiale; ses marges sont relevées et son portefeuille reste solide. À l’inverse, Adidas recule de 12,59%, les perspectives sur le marché américain se dégradant à cause du ralentissement des commandes des détaillants, affectées par les droits de douane. Enfin, Meta perd 12,19% après avoir annoncé une hausse de ses dépenses futures, une décision qui inquiète les investisseurs désireux de voir les investissements en intelligence artificielle se traduire plus rapidement par une amélioration des bénéfices.

L’or semble se stabiliser autour des 4'000 dollars l’once. La correction entamée après la poussée de fièvre subite vers les 4381$ semble faite, je dis bien semble parce qu’en théorie cela aurait dû se passer légèrement différemment, mais bon la théorie… quoi qu’il en soit, la demande des ETFs et des banques centrales semble encore présente, les perspectives de baisses de taux de la Fed sont favorables au métal jaune, qui conserve son statut de valeur refuge, en revanche le rebond du billet vert constitue un vent contraire potentiel.

Au menu macro-économique de ce lundi, la seconde lecture des indices PMI manufacturiers des grandes économies, ainsi que l'indice ISM manufacturier américain. 

Pfizer attaque en justice Novo Nordisk après sa contre-offre sur Metsera. Ryanair dépasse les attentes au premier semestre et relève sa prévision de trafic annuel. Mercedes-Benz va racheter jusqu'à 2 milliards d'euros de ses propres actions en un an. Kuehne und Nagel acquiert l'irlandais Eastway. Berkshire Hathaway affiche un record de trésorerie et reste prudente sur les marchés. S&P révise la perspective crédit de Boeing de négative à stable, et confirme son «BBB-». Coinbase en pourparlers pour acquérir la start-up BVNK, spécialisée dans les infrastructures de stablecoins, pour 2 milliards de dollars.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Tokyo est fermée, Hong Kong progresse de 0,97%, Shanghai monte de 0,55%, Séoul gagne 2,78% et le Nifty50 grappille 0,13%. Le future SPX traite en très légère hausse, l’Europe prend 0,2% dans les premiers échanges.

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