Le mastodonte des matériaux de construction Holcim consolide son ancrage sur le Vieux continent, avec la reprise du spécialiste allemand des solutions murales Xella. L’opération s’inscrit dans le sillage de l’émancipation en juin des activités nord-américaines, puis de la cession en août des opérations au Nigéria.
La multinationale zougoise a convenu de débourser 1,85 milliard d’euros (1,71 milliard de francs) pour l’acquisition de Xella, pour l’heure propriété du gestionnaire de fonds texan Lone Star Funds.
Basé à Duisbourg et présent dans 21 pays du Vieux continent, le propriétaire des marques Ytong, Silka, Hebel et Multipor prévoit de générer sur l’année en cours un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros avec quelque 4000 collaborateurs.
Conditionnée aux validations d’usage par les autorités, la transaction doit être finalisée en seconde moitié d’année prochaine, indique un communiqué diffusé lundi.
Xella doit livrer dès la première année une contribution positive tant au bénéfice par action du groupe qu’à son flux de trésorerie disponible. Le bénéfice sur le rendement des capitaux investis (ROCE) risque par contre de devoir attendre trois ans.
Des synergies sont aussi attendues dans les trois ans, devisées à 60 millions d’euros.
Affinée par Lone Star
Xella était tombée dans l’escarcelle de Lone Star en 2017, vendue par le fonds français PAI Partners et une entité européenne du béhémoth bancaire new-yorkais Goldman Sachs pour un montant tenu secret. Des indiscrétions dans la presse spécialisée évoquaient alors un prix d’achat de 2,2 milliards d’euros.
La société allemande présentait à ce moment des effectifs de 5900 collaborateurs et un chiffre d’affaires annuel de 1,3 milliard d’euros. Elle disposait en outre encore des marques Fels, cédée dans la foulée de sa reprise pour quelque 600 millions d’euros à l’irlandais Cement Roadstone Holdings (CRH), ainsi que Fermacell, vendue pour 473 millions à l’australien James Hardie.
Retour aux sources
Les analystes saluent un rapprochement de deux sociétés hautement complémentaires. Martin Hüsler, pour la Banque cantonale de Zurich, souligne que la transaction renforce le segment Solutions de construction, qui doit à l’horizon 2030 représenter la moitié des revenus du groupe. L’analyste calcule que les recettes de Xella représentent quelque 6% de celles de Holcim.
Chez Vontobel, Mark Diethelm rappelle qu’une telle opération en Europe était largement anticipée, dans le sillage du retrait de Holcim du Nigeria. Xella présente par ailleurs une rentabilité plus généreuse qu’Holcim. Son ancrage sur le marché de la construction résidentielle en Allemagne, malmené ces trois dernières années, laisse augurer un potentiel de rétablissement, poursuit l’expert de la banque de gestion zurichoise.
Les investisseurs aussi applaudissaient. A 11h25, la nominative Holcim s’appréciait de 2,0% à 67,20 francs, au firmament d’un SMI en recul de 0,25%.