Les marchés redécouvrent leur vulnérabilité à la géopolitique – Flash boursier de Bonhôte

Karine Patron, Pierre-François Donzé, Julien Staehli, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Le rendement du 10 ans américain s’est détendu de 4,27% à 4,12%, tandis que le dollar a cédé 1,1% sur la semaine dernière.

Le Nasdaq a franchi en début de semaine le seuil symbolique des 25’000 points, prolongeant la frénésie autour de l’intelligence artificielle. La dynamique s’est inversée dès vendredi avec les menaces tarifaires de Donald Trump sur les exportations chinoises. En toile de fond, la paralysie budgétaire américaine est entrée dans son dixième jour, suspendant la publication de données clés comme l’emploi ou l’inflation. Cette opacité plonge la Réserve fédérale dans le noir avant sa réunion de fin octobre. Les marchés parient pourtant sur deux nouvelles baisses de taux d’ici décembre, convaincus que la Fed privilégiera la prévention du risque de récession à la prudence anti-inflationniste. Le rendement du 10 ans américain s’est détendu de 4,27% à 4,12%, tandis que le dollar a cédé 1,1% sur la semaine. Dans un climat d’incertitude budgétaire et géopolitique, l’or a franchi les 4’015 dollars l’once, un record absolu.

L’instabilité politique perdure en France

En Europe, la tendance est restée globalement stable, à l’exception notable de Paris, ébranlée par la démission du premier ministre Sébastien Lecornu, moins d’un mois après sa nomination. Le spread OAT-Bund à 10 ans s’est élargi à 85 pb, son plus haut niveau de l’année. Le rendement français (3,57%) dépasse désormais celui de la Grèce et de l’Italie. Cette tension reflète une inquiétude politique plus qu’un risque de contagion financière: les investisseurs continuent de faire confiance à la BCE pour contenir toute flambée injustifiée des taux souverains.

Cette nouvelle crise compromet le calendrier budgétaire français 2026, rendant probable une loi spéciale de dépenses et ravivant le risque d’instabilité institutionnelle. Outre-Rhin, la production industrielle allemande a chuté de 4,3% en août, sa plus forte contraction depuis 2022, plombée par l’automobile (–18,5%) et la pharmacie (–10,3%). Cette faiblesse alimente les craintes d’un quatrième trimestre atone pour la première économie européenne. La Commission européenne a, de son côté, annoncé un doublement des droits de douane sur l’acier chinois, déclenchant un rallye dans la sidérurgie.

En Suisse, la stabilité du franc et la perspective d’une modernisation de l’accord de libre-échange avec la Chine ont soutenu les exportateurs. Le SMI a légèrement reculé mais Nestlé, Roche et Richemont ont surperformé grâce à leurs profils défensifs et à la résilience du luxe.

Chine – Le commerce sous tension, la retenue comme stratégie

Les marchés chinois ont subi un choc asymétrique : le CSI 300 a perdu 1,8%, le Hang Seng 3,5%. La chute est intervenue après l’annonce américaine d’un tarif de 100% sur les exportations chinoises, ravivant le spectre d’une guerre commerciale. Pourtant, les semi-conducteurs et terres rares ont mieux résisté, portés par la perspective d’un plan de soutien public et par la politique de substitution technologique promue par Pékin.

Sur la semaine, le S&P 500 recule de 2,41% et le Nasdaq de 2,27%. En Europe, la correction est amortie, le STOXX Europe 600 perd 1,10% et le SMI 0,21%. Cette semaine, les marchés suivront le lancement de la saison des résultats trimestriels avec les premières publications bancaires aux Etats-Unis et espéreront une possible désescalade commerciale entre Washington et Pékin. La volatilité restera élevée tant que la visibilité macro et politique ne sera pas restaurée.

L’essentiel en bref

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