Les Etats-Unis ont officiellement entamé leur 16ᵉ période de shutdown depuis 1981, conséquence d’un nouvel échec des négociations budgétaires entre Républicains et Démocrates. Environ 750’000 fonctionnaires fédéraux ont été mis en congé forcé, perturbant l’administration et reportant la publication de plusieurs statistiques majeures, notamment le rapport mensuel sur l’emploi. Ce blocage, inédit depuis sept ans, crée une incertitude politique importante qui ne semble pas atteindre les marchés financiers: Wall Street a continué d’enchaîner les records.
Un seizième shutdown aux Etats-Unis
Les investisseurs s’accrochent à une conviction: la Fed baissera bientôt ses taux. L’enquête ADP a montré la destruction de 32’000 emplois en septembre (contre +51’000 attendus), confirmant le ralentissement du marché du travail. Selon le marché, la probabilité d’une baisse de 25 points de base atteint désormais 98% pour octobre et 85% pour décembre. Malgré le blocage institutionnel, les rendements obligataires se sont détendus légèrement.
Sur le plan sectoriel, la semaine a été marquée par le rebond spectaculaire du secteur pharmaceutique. La société Pfizer (+6,8%) a conclu un accord avec l’administration Trump pour réduire le prix de certains médicaments, évitant ainsi la menace d’une taxe de 100% sur les produits importés. L’initiative, bien que floue dans ses modalités, a ravivé l’intérêt pour les valeurs de la santé.
En Europe, la semaine a été globalement positive, soutenue par la confirmation que la BCE restera en pause sur ses taux. L’inflation est ressortie à 2,2% sur un an, contre 2% en août, soit une légère remontée après plusieurs mois de stabilité. Christine Lagarde a maintenu un ton équilibré ; la banque centrale reste vigilante mais confiante dans la trajectoire désinflationniste. Les marchés ont salué cette visibilité avec l’EuroStoxx 50 touchant un nouveau plus-haut annuel, entraîné par la technologie et la santé, tandis que les banques reculaient légèrement, pénalisées par la perspective d’une compression prolongée des marges.
Suisse: industrie sous pression, services en reprise
En Suisse, les indicateurs conjoncturels ont envoyé un signal contrasté. L’indice PMI manufacturier UBS a reculé à 46,3 points en septembre, soulignant la faiblesse persistante du secteur industriel, touché de plein fouet par les droits de douane américains. Près de 47% des entreprises industrielles déclarent être directement affectées, un record depuis le début des tensions commerciales. À l’inverse, le secteur des services a surpris positivement. L’indice est remonté de 43,9 à 51,3 points, repassant en zone d’expansion grâce au dynamisme des nouvelles commandes. L’inflation est restée modérée (+0,2 % sur un an) et stable, permettant à la BNS de temporiser.
Malgré le shutdown, la semaine s’est révélée haussière sur la plupart des places mondiales. Le S&P 500 a gagné 0,82%, le Nasdaq 0,71%. En Europe, le STOXX Europe 600 a progressé de 2,69% alors que le SMI a bondi de 4,17%.
L’essentiel en bref
