Les marchés aux prises avec l’aggravation des tensions – Flash boursier de Bonhôte

Pierre-François Donzé, Julien Staehli, Karine Patron, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Sur le plan macroéconomique, les chiffres confirment une économie robuste mais pas exempte de vulnérabilités.

La semaine écoulée a été dominée par une atmosphère d’incertitude, marquée à la fois par des tensions politiques en Europe et par la question du calendrier de la détente monétaire aux Etats-Unis. L’arrière-plan macroéconomique reste contrasté: une croissance américaine solide mais menacée par des tensions tarifaires et politiques, une inflation européenne proche de la cible mais encore divergente selon les composantes et une Suisse qui affiche des indicateurs d’activité modérés.

Rotation sectorielle

Outre-Atlantique, la semaine a confirmé une pause des indices. La rotation sectorielle a été nette: les titres liés aux infrastructures IA ont subi des prises de bénéfices, alors que l’énergie et les utilities ont progressé. Cette redistribution traduit une sélectivité accrue des flux après plusieurs mois de rallye axé sur l’intelligence artificielle.

Sur le plan macroéconomique, les chiffres publiés confirment une économie robuste mais pas exempte de vulnérabilités. Le PIB du deuxième trimestre a été révisé en hausse à 3,3% en rythme annualisé, après une contraction marginale au premier trimestre, soutenu par une consommation vigoureuse et une réduction des importations. Les données d’inflation demeurent plus ambiguës: le PCE headline reste à 2,6%, mais le «core» accélère à 2,9%, illustrant une désinflation lente sur les services. Les dépenses des ménages ont progressé de 0,3% en juillet, après 0.1% en juin, tandis que les revenus augmentaient de 0,4%. Les inscriptions au chômage ont reculé plus que prévu à 229’000, signalant un marché du travail encore résilient.

Ces statistiques sont venues se superposer à un climat politique troublé: Donald Trump a tenté de limoger Lisa Cook, gouverneure de la Fed, alimentant des inquiétudes sur l’indépendance de l’institution. Dans ce contexte, le rendement du 30 ans US s’est rapproché de 5%, reflet des craintes budgétaires et de l’exigence croissante de primes de risque sur la dette américaine. Pour les investisseurs, le dilemme est clair : une Fed encore orientée vers une baisse de taux à court terme, mais des incertitudes politiques et tarifaires qui accroissent la prime de risque à long terme.

Incertitude politique en France

Les actions européennes ont interrompu leur séquence haussière. L’inquiétude s’est cristallisée autour de la France, où le gouvernement sera soumis à un vote de confiance le 8 septembre. L’écart OAT-Bund s’est élargi à son plus haut depuis avril, reflétant les doutes sur la soutenabilité budgétaire.

Les minutes de la BCE ont révélé de fortes divergences entre gouverneurs: certains estiment que la faiblesse de la demande suffira à ramener l’inflation vers 2%, tandis que d’autres pointent la rigidité des prix des services et l’effet secondaire des tarifs américains. Le consensus de marché attend pour le flash HICP d’août un headline autour de 2,1% et un «core» à 2,3%, ce qui renforcerait l’option d’un statu quo monétaire.

Sur le plan sectoriel, les banques européennes ont été pénalisées par l’aplatissement des courbes de taux et le risque politique, tandis que l’énergie a profité du rebond du pétrole.

En Suisse, l’indicateur avancé KOF a reculé en août à 97,4 après un pic de 101,3 en juillet, signalant une décélération de l’élan manufacturier. Ces données confortent une BNS en mode attentiste, vigilante sur le franc et sans urgence à resserrer sa politique. Les valeurs défensives, notamment la pharma, ont amorti la baisse, tandis que le luxe et l’industrie exportatrice sont restés fragiles.

Sur les marchés actions, le S&P 500 baisse de 0,10% alors que le Nasdaq recule de 0,19%, l’Euro Stoxx 600 de 1,47% et le SMI reste stable.

L’essentiel en bref

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