La reprise des baisses de taux par la Réserve fédérale américaine renforce notre surpondération tactique des obligations d’Etat américaines de long terme, et confirme notre positionnement plus risqué. Cependant, au-delà des Etats-Unis, de nombreuses opportunités existent car l’affaiblissement du dollar soutient les marchés internationaux. Nous identifions notamment des opportunités en Europe pour les investisseurs libellés en USD.
Nous continuons de privilégier les obligations d’entreprises de la zone euro par rapport à leurs équivalents américains, mais nous ne marquons plus de préférence pour les obligations souveraines de la périphérie par rapport à celles des pays «cœur». Au niveau sectoriel, nous continuons de favoriser les valeurs financières et industrielles, et au niveau géographique, une attention particulière est portée à l’Espagne.
Jusqu’ici, notre positionnement de risque était fortement orienté vers les actions américaines et l’intelligence artificielle. Mais la récente faiblesse du dollar américain a ouvert de nouvelles opportunités pour des investissements internationaux libellés en USD, aussi bien sur les marchés émergents qu’en Europe. La sélectivité reste toutefois cruciale: nous maintenons une position neutre vis-à-vis des emprunts d’Etat de la zone euro et privilégions plutôt les obligations d’entreprises mais également certains segments actions ciblés.
La croissance plus robuste en Espagne et en Grèce ainsi qu’une relative stabilité politique en Italie ont, pendant des années, contribué à des rendements plus bas que ceux des obligations françaises et allemandes. Et ce, plus d’une décennie après la crise de la dette européenne. Mais selon nous, les rendements et spreads actuels reflètent désormais pleinement cet équilibre. Nous ne voyons donc plus de préférence pour la dette souveraine périphérique.
A l’échelle mondiale, nous privilégions les obligations d’entreprises par rapport aux obligations souveraines, et l’Europe par rapport aux Etats-Unis. Le secteur corporate présente une meilleure solvabilité que le secteur public. Certes, les taux de défaut ont augmenté depuis la pandémie, mais selon Moody’s, les tensions concernent surtout les petits émetteurs et non les grandes entreprises. Des spreads plus élevés signifient que les obligations d’entreprises européennes offrent une meilleure prime de risque que leurs homologues américaines.
S’agissant des marchés actions, la surperformance de l’Europe face aux Etats-Unis a culminé fin mars. Néanmoins, nous continuons de voir des opportunités ciblées depuis le début de l’année. La sélectivité est essentielle et trois secteurs européens se distinguent particulièrement: l’industrie, les services aux collectivités (utilities) et les valeurs financières – tous ayant affiché une meilleure performance que leurs équivalents américains. Les financières européennes bénéficient encore de bilans solides, d’un business model orienté vers les commissions et d’une rentabilité croissante. L’industrie est soutenue par la priorité donnée à la défense, les initiatives d’infrastructure en Allemagne et le développement de l’IA. Sur le plan géographique, nous privilégions les actions espagnoles, où ces secteurs sont fortement représentés.