Pondérer chaque risque avec de l’or

Levi-Sergio Mutemba

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L’«effet octobre» pose la question délicate de l’équilibre entre la recherche d’alpha et le souci de protection.

©Keystone

 

Tous les ingrédients sont réunis pour faire du mois d’octobre un mois volatile. A la hausse comme à la baisse. Certes, les grands décrochages boursiers ont été observés durant le mois d’octobre. Les investisseurs ont en mémoire des dates mythiques telles que «octobre 1929» ou «octobre 1987». Toutefois, dans la majorité des cas, le mois d’octobre est un mois qui tend à surperformer chacun des six mois qui lui précèdent. Notamment grâce aux publications des résultats trimestriels, qui ont tendance à soutenir les marchés actions.

Cependant, force est de constater que les trois premiers trimestres furent plutôt impressionnants. En particulier sur le marché américain, le S&P 500 progressant de plus de 12% entre début janvier (au 26 septembre 2025). Et ce malgré des tensions géopolitiques exacerbées et la poursuite des négociations douanières entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux, dont l’Europe et la Suisse. La Fed vient en outre de réduire son taux directeur, invoquant son malaise face à la détérioration du marché de l’emploi, en dépit d’une inflation persistante. Ce qui invite à une certaine prudence.

Pour les experts de BNP Paribas, le mois d’octobre «sera intéressant», écrivent-ils dans une note de marché. Car c’est durant ce mois que la Cour Suprême tranchera sur la décision récente d’une cour d’appel de rejeter l’imposition des droits de douane par Donald Trump sur un certain nombre de partenaires commerciaux, dont la Suisse (39%). BNP Paribas recommande néanmoins aux investisseurs suisses de la circonspection vis-à-vis des actions américaines, en raison du risque de change induit par la recherche par le Gouvernement américain d’un dollar faible.

«Une surpondération des actions suisses et européennes et la protection des actions américaines contre les pertes de change peuvent être soutenues par des certificats», poursuivent les experts de BNP Paribas. «Un investissement indiciel dans le SMI pourrait être judicieux, tout comme des mini-positions courtes sur la paire USD/CHF, permettant aux investisseurs de parier sur une baisse du dollar face au franc suisse et ainsi de couvrir leur risque de change.»

«Les analystes estiment que des objectifs de cours de l’or allant jusqu'à 4000 dollars ne sont pas exclus»

Notons que la Banque Cantonale de Zürich (ZKB), pour sa part, a émis vendredi le certificat bonus last look sur les actions suisses Flughafen Zürich, Holcim, Kühne & Nagel, Sika et Sonova. Le certificat (ISIN CH1474807430) présente des écarts par rapport au niveau bonus («cap») compris entre 10% et 15% selon le sous-jacent, avec des écarts par rapport aux barrières de protection de 20% à 15%, d’après les données de marché de la SIX Structured Products, où le produit est négocié.

Vontobel vient également d’émettre un produit similaire sur les actions suisses Partners Group, Swissquote et UBS, avec des écarts par rapport aux cap respectifs compris entre 17% et 19%, selon le sous-jacent. Ce certificat bonus (ISIN CH1449121222) présente également un niveau de protection confortable d’environ 38%.

De son côté, Jérôme Allet, responsable de la distribution des produits structurés au sein d’UBS Investment Bank, recommande une recherche stratégique de protection, en considérant l’or en tant que sous-jacent. Mais moins comme un actif spéculatif que comme un outil de diversification stratégique. «Si la situation géopolitique s’aggrave ou si l’économie américaine s’enfonce dans une crise plus profonde, les analystes estiment que des objectifs de cours allant jusqu'à 4000 dollars ne sont pas exclus», souligne Jérôme Allet dans une note publiée à la SIX Structured Products.

En précisant que les investisseurs misant sur la hausse des cours de l’or ou souhaitant se couvrir pourrait envisager un exchange-traded commodity (ETC) sur un indice aurifère. Tel que l’ETC (ticker CGCCIU) sur l’indice UBS CMCI Gold CHF Monthly Hedged TR. «L’actif sous-jacent suit le cours du métal précieux grâce à la méthodologie innovante CMCI. Les fluctuations de change entre la devise de l’ETC, le franc suisse et le dollar américain sont neutralisées mensuellement», conclut Jérôme Allet.

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