Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Tobias Knoblich, Raiffeisen Suisse

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La BNS maintient sa politique de taux nuls. Dans le même temps, elle abaisse ses prévisions de croissance du PIB pour l’année à venir. La bourse est également affectée par des prises de bénéfices. Le secteur automobile est quant à lui confronté à une demande faible.

Le taux directeur suisse reste à zéro

La Banque nationale suisse (BNS) maintient son taux directeur à 0%. Cette décision était attendue, en raison de la conjoncture stable et de la faible inflation. La BNS se montre plus prudente quant aux évolutions futures. Elle mise désormais sur une croissance économique d’à peine 1% pour l’année prochaine. Jusqu’à présent, elle avait prévu une croissance comprise entre 1% et 1,5%. Par ailleurs, la BNS reste prête à intervenir sur le marché des changes si le franc s’apprécie trop.

Une bourse suisse prudente

Des prises de bénéfices ont affecté la bourse suisse cette semaine. Le Swiss Market Index (SMI) affiche une légère tendance à la baisse et peine à se maintenir au-dessus du seuil psychologique important des 12’000 points. Pour ce qui est des valeurs individuelles, l’attention était dirigée sur la grande banque UBS. Elle a signé un aveu de culpabilité dans le litige fiscal qui l’opposait à la France et payé 835 millions d’euros, et ce, après avoir clamé son innocence pendant des années. Néanmoins, ce montant est inférieur d’un milliard à l’estimation initiale de la Cour. De plus, un facteur d’incertitude disparaît. Financièrement, le poids du passé est déjà couvert par des provisions, c’est pourquoi le cours de l’action n’a pas réagi. La Banque Cantonale Bâle-Campagne signe la fin d’une ère d’une autre nature. Elle a annoncé qu’elle vendait sa filiale en ligne Radicant. En l’absence de parti intéressé, l’institut sera fermé.

Rieter a besoin de capital

Les titres de Rieter ont fait parler d’eux avec des cours capricieux. Le constructeur de machines souhaite lever près de 500 millions de francs par le biais d’une augmentation du capital afin de financer la reprise de Barmag, filiale d’OC Oerlikon. L’actionnaire majoritaire Peter Spuhler, qui détient environ un tiers de l’entreprise, a pleinement soutenu l’augmentation de capital. Reste à savoir si cet investissement s’avérera rentable. L’action se négocie actuellement à son niveau du début des années 1990.

Une Europe divergente

Les données des directeurs d’achat reflètent une tendance – les perspectives pour la France et l’Allemagne s’écartent de plus en plus. Alors que la France souffre de la crise gouvernementale et des grèves et que ses chiffres indiquent une contraction, la conjoncture allemande semble se redresser. Mais le diable est dans les détails, car le secteur industriel allemand s’affaiblit lui aussi. Le tableau d’ensemble est simplement éclipsé par une appréciation positive du secteur des services. Cette évolution s’observe également au niveau agrégé. A titre de comparaison, les Etats-Unis affichent également des données en baisse, mais les valeurs sont clairement en expansion, aussi bien pour le secteur industriel (52 points) que pour le secteur des services (53,9 points).

Joies et souffrances des actions automobiles

Les droits de douane sur les voitures européennes exportées aux Etats-Unis baissent de 27,5% à 15%. On s’attendait certes à une baisse, mais l’annonce de l’effet rétroactif au 1er août a été une surprise et a contribué à légèrement améliorer le moral. Pourtant, le secteur automobile connaît un essoufflement, comme on a pu le voir avec Stellantis cette semaine. La maison mère de marques telles que Peugeot, Fiat, Chrysler ou Opel ferme temporairement quelques usines en réaction à la faiblesse de la demande dans le secteur.

Menace d’un shutdown aux Etats-Unis

Fin septembre, la menace planera à nouveau. La dette publique américaine atteindra sa limite supérieure et le projet de budget devra être approuvé. L’on risque sinon un shutdown, à savoir un arrêt des activités gouvernementales, car l’argent manquera tout simplement pour payer les salaires. Il ne s’agit certes pas d’une nouveauté, mais bien d’une problématique récurrente. Mais même si les partis finissent par s’entendre, cet environnement incertain pourrait entraîner une volatilité accrue. Le plus long shutdown de l’histoire américaine a duré cinq semaines et s’est déroulé en 2019, lors de la première présidence de Donald Trump.

Graphique de la semaine

Porsche a connu une mauvaise semaine. Sa radiation du DAX s’est accompagnée d’une réorientation stratégique. Celle-ci s’apparente toutefois plutôt à une régression, car l’entreprise abandonne ses objectifs en matière d’e-mobilité et veut s’en tenir aux modèles à combustion. Cela pèse sur le cours de ses actions qui a été divisé par deux depuis l’entrée en bourse, il y a trois ans. Durant la même période, celui de Ferrari a doublé. Le constructeur de voitures de sport de Maranello met nettement mieux les chevaux dans son portefeuille.

GROS PLAN

Les actions Alibaba sont très demandées

Les valeurs du commerçant en ligne Alibaba ont atteint leur plus haut niveau depuis quatre ans. Les investissements dans l’intelligence artificielle visant à améliorer la compétitivité ont favorisé l’évolution des cours.

LE PROGRAMME

Renchérissement en Suisse

Les données de l’inflation en Suisse pour le mois de septembre seront publiées le 2 octobre. Lors du dernier relevé, l’inflation du mois d’août s’élevait à 0,2% en glissement annuel.

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