La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur à 4%

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Sur fond d’une activité économique au ralenti et jouant la carte de la prudence face à une inflation élevée, la BoE prend également une mesure pour tenter de calmer le marché obligataire.

La Banque d’Angleterre (BoE) a sans surprise maintenu jeudi son taux directeur à 4%, malgré une activité économique au ralenti, jouant la carte de la prudence face à une inflation élevée, et annoncé un ralentissement des ventes de bons du Trésor pour tenter de calmer le marché obligataire.

«Nous nous attendons à ce que l’inflation retourne à notre cible de 2%» mais «nous ne sommes pas encore sortis d’affaire et toutes futures baisses devront se faire graduellement et prudemment», a commenté le gouverneur de l’institution monétaire, Andrew Bailey, dans une déclaration jointe au résumé de la réunion.

Le Royaume-Uni a annoncé mercredi une hausse des prix de 3,8% sur un an en août, stable par rapport au mois précédent, et la BoE s’attend à ce que l’inflation accélère légèrement en septembre, avant de retomber.

Ce niveau, «le plus élevé parmi les principales économies développées, renforce les attentes d’un report à l’année prochaine» des futures baisses de taux par la BoE, avait souligné Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill, en amont de l’annonce.

Difficultés budgétaires

Cette décision a été prise au deuxième jour de la visite d’Etat au Royaume-Uni de Donald Trump, qui fait lui-même pression outre-Atlantique sur la banque centrale américaine (Fed) pour qu’elle assouplisse sa politique monétaire.

Celle-ci a choisi mercredi d’abaisser ses taux d’intérêt pour la première fois de l’année, de 0,25 point de pourcentage. Ils sont désormais compris entre 4% et 4,25%.

Lors de sa dernière réunion en août, la BoE avait pour sa part ramené son taux directeur à 4%, à l’issue d’un vote serré, pour soutenir une activité économique à la peine.

Car en parallèle d’une inflation élevée, le taux de chômage britannique s’affiche à un sommet en quatre ans, atteint après l’entrée en vigueur en avril d’une hausse des cotisations patronales.

Les droits de douane «réciproques» imposés par les Etats-Unis ont aussi mis à mal l’économie. Le produit intérieur brut (PIB) britannique a à peine progressé de 0,3% au deuxième trimestre.

Londres et Washington ont depuis conclu un accord commercial entré en vigueur fin juin.

Les difficultés budgétaires du gouvernement travailliste, qui pourrait être contraint d’annoncer de nouvelles hausses d’impôts à l’automne, viennent assombrir le tableau.

Le risque de «stagflation continue de planer» sur le pays, estime Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Quantités astronomiques

Comme escompté, la BoE a par ailleurs annoncé ralentir le rythme de ses ventes d’obligations d’Etat, à 70 milliards de livres sur les douze prochains mois à partir d’octobre, contre 100 milliards annuellement auparavant.

Face au choc provoqué par la crise financière de 2008 puis par la pandémie de Covid-19, les grandes banques centrales avaient acheté des obligations d’Etat et d’entreprises pour stabiliser les marchés.

Puis la Banque d’Angleterre avait commencé en 2022 à vendre sur le marché les quantités astronomiques de dette britannique accumulées depuis 2009, «afin d’avoir une marge de manoeuvre» en cas de futur choc économique.

Selon Kathleen Brooks, analyste chez XTB, ralentir ces ventes permet d’apaiser l’envolée des taux d’emprunt à long terme du pays; car en réduisant l’offre de bons du Trésor disponible sur le marché, leur prix augmente, et leur rendement baisse.

La Banque de Norvège a pour sa part réduit son taux directeur de 0,25 point jeudi, le ramenant à 4%, expliquant ne pas vouloir excessivement brider l’activité économique nationale.

Dans la foulée de l’annonce de la BoE, vers 11H05 GMT, la livre sterling gagnait 0,16% à 1,3648 dollar.

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