Depuis plusieurs années, le marché boursier britannique était sous-évalué en raison de l’incertitude économique et politique. Aujourd’hui, le sentiment change, offrant des raisons concrètes d’optimisme. Trois facteurs positifs convergent pour soutenir un possible rebond des actions britanniques: l’élan des récents accords commerciaux, un contexte macroéconomique favorable porté par les programmes fiscaux européens et des taux d’intérêt plus bas, ainsi que des valorisations attractives susceptibles de relancer les fusions-acquisitions et les rendements des dividendes. A mesure que les investisseurs internationaux prennent note de ces évolutions, le marché britannique, reconnu pour son orientation défensive et sa forte représentation des secteurs minier, bancaire et des biens de consommation de base, pourrait retrouver tout son attrait.
Nouveaux accords commerciaux: réduire l’incertitude et stimuler la croissance
Le Royaume-Uni a conclu, au cours des 24 derniers mois, une série d’accords commerciaux stratégiques destinés à bénéficier aux entreprises locales dans différents secteurs:
- Etats-Unis – Le 8 mai 2025, le Royaume-Uni a signé un accord historique avec les Etats-Unis, supprimant ou réduisant les droits de douane sur des exportations clés comme l’acier, l’aluminium et l’automobile. En échange, le marché britannique s’ouvre davantage aux biens et services américains. Cet accord s’appuie sur la Déclaration atlantique Royaume-Uni – Etats-Unis de 2023 et permet aux entreprises britanniques d’accéder aux financements de l’Inflation Reduction Act ainsi qu’aux chaînes d’approvisionnement américaines, renforçant les échanges et les liens économiques entre les deux pays.
- Inde – Le 6 mai 2025, un accord économique et commercial global avec l’Inde vise à augmenter le commerce bilatéral de 25,5 milliards de livres par an, à stimuler le PIB britannique de 4,8 milliards de livres et à accroître les salaires de 2,2 milliards de livres par an d’ici 2040.
- Union européenne – Un «Post-Brexit Reset» signé le 19 mai 2025 devrait ajouter 9 milliards de livres à l’économie britannique d’ici 2040. L’accord inclut un pacte de défense et de sécurité, une coopération en matière de pêche et d’agriculture, et un accès aux marchés publics européens.
- Asie-Pacifique – L’adhésion en 2024 au Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) offre un accès à 11 économies du Pacifique à forte croissance, représentant un PIB cumulé de 12’000 milliards de livres.
Ces accords devraient réduire l’incertitude, stimuler la croissance et élargir les opportunités commerciales pour les entreprises britanniques, renforçant ainsi les perspectives à long terme pour les secteurs clés tels que l’aérospatiale, la pharmacie, la défense, l’ingénierie et les services financiers.
Contexte macroéconomique favorable: relance européenne et baisse des taux
L’économie britannique s’est stabilisée en 2025 après une période de forte incertitude, portée par les programmes fiscaux européens et soutenue par la baisse des taux d’intérêt.
- L’inflation au Royaume-Uni a atteint 3,8% en glissement annuel en juillet et en août, en partie en raison de la hausse inattendue des tarifs aériens. Malgré cela, la Banque d’Angleterre (BoE) a abaissé son taux directeur à 4,0% le 7 août, ramenant le coût de l’emprunt à son plus bas niveau depuis plus de deux ans, confiants dans la tendance baissière de l’inflation. Andrew Bailey, gouverneur de la BoE, a souligné que les taux restaient sur une trajectoire descendante et que toute nouvelle baisse serait progressive et prudente.
- La croissance du PIB britannique devrait atteindre 1,1% sur l’année, après une stagnation en 2023-2024.
- Le plan de relance européen, comprenant notamment une augmentation significative des dépenses de défense, devrait également avoir un impact positif sur l’économie britannique.
La baisse des taux devrait soutenir l’économie britannique et les valorisations boursières, en particulier dans les segments à rendement élevé comme les services publics, les fonds immobiliers (REIT) et les biens de consommation de base. Par ailleurs, la faiblesse de la livre sterling pourrait soutenir les bénéfices des entreprises exportatrices.
Des actions britanniques historiquement bon marché
Les actions britanniques restent parmi les moins chères des marchés développés. Le FTSE 100 se négocie à environ 12,6 fois les bénéfices estimés pour 2026, contre 14,1 pour l’Euro Stoxx 600 et 21,5 pour le S&P 500.
Le FTSE 100 offre également un rendement en dividendes de 3,6%, largement supérieur à la moyenne mondiale d’environ 1,8% (MSCI World).
Des valorisations attractives qui stimulent les fusions-acquisitions
L’écart de valorisation attire les investisseurs stratégiques vers des actifs sous-évalués. Parmi les opérations notables de cette année:
- Spectris plc, racheté par KKR en août pour 4,2 milliards de livres
- Pension Insurance Corporation, acquis par Athora en juillet pour 5,7 milliards de livres
- Direct Line Group, acheté par Aviva le 1er juillet pour 3,7 milliards de livres
- Just Group plc, repris par Brookfield Wealth Solutions en juin pour 2,4 milliards de livres
- Wincanton plc, acquis par GXO Logistics en juin pour 762 millions de livres
Selon nous, les valorisations historiquement basses offrent une opportunité d’entrée intéressante, tandis que les nouveaux accords commerciaux ouvrent de nouvelles perspectives pour les entreprises britanniques. Les évolutions de la politique industrielle et de défense favorisent également ces sociétés, et un environnement économique stable pourrait leur permettre de prospérer.
Les principaux risques pour le marché britannique sont similaires à ceux affectant les actions à l’échelle mondiale : un ralentissement économique inattendu, un contexte politique défavorable au Royaume-Uni ou chez ses partenaires commerciaux, et un possible regain d’incertitude pour les investisseurs.