La BCE en mode attentiste

Nicolas Forest, Candriam

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La résilience de la croissance européenne et le soutien budgétaire pourraient profiter à certains segments des marchés actions et du crédit.

Avec des taux d’intérêt désormais à des niveaux neutres, la BCE a largement atteint son objectif immédiat de maîtrise de l’inflation. La banque centrale a marqué une pause et a clairement indiqué qu’elle prendrait davantage de temps pour évaluer l’évolution de l’économie dans un contexte mondial toujours incertain.

Les pressions inflationnistes restent contenues, les dernières données faisant état d’une inflation à 2,1%. L’appréciation de l’euro, la baisse des prix de l’énergie et une incertitude géopolitique persistante orientent les risques à la baisse.

La croissance en zone euro demeure modeste mais résiliente, soutenue par la consommation et l’investissement. Des initiatives telles que le plan ReArm Europe et le paquet budgétaire allemand devraient contribuer à amortir l’impact des droits de douane récemment introduits par les États-Unis, qui s’appliquent désormais à un taux de 15% sur la plupart des biens.

Dans ce contexte, la BCE garde toutes les options ouvertes. Les prochaines décisions dépendront de l’évolution des données économiques: une amélioration graduelle d’un côté, ou au contraire un affaiblissement lié aux droits de douane américains et au ralentissement de l’économie chinoise.

Parallèlement, l’écart de taux d’intérêt avec la Réserve fédérale devrait se réduire dans les prochains mois. Face aux signes d’un marché du travail américain en perte de vitesse, la Fed devrait abaisser ses taux à deux reprises cette année. Toutefois, les pressions inflationnistes liées aux tarifs douaniers pourraient réapparaître, plaçant Jerome Powell dans une situation délicate, pris entre les pressions politiques du président Trump et une marge de manœuvre monétaire qui se réduit.

Pour les investisseurs, cet environnement se traduit par une volatilité accrue mais aussi par des opportunités: la résilience de la croissance européenne et le soutien budgétaire pourraient profiter à certains segments des marchés actions et du crédit, tandis que la perspective de baisses de taux aux Etats-Unis devrait renforcer l’attrait des obligations de qualité.

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