Le début de l'été a démarré en fanfare : en juillet, le Bitcoin a dépassé pour la première fois les 123’000 dollars américains. Ce bond historique a stimulé l'ensemble du marché des cryptomonnaies, mais alors que les gros titres étaient consacrés au leader du secteur, les flux de capitaux institutionnels se sont déplacés en arrière-plan. Il apparaît de plus en plus clairement qu'Ethereum (ETH) devient le moteur de l'écosystème, tandis que le Bitcoin conserve son rôle d'ancrage de valeur.
L'impulsion décisive pour cette évolution est venue du GENIUS Act, qui a clarifié la réglementation des stablecoins aux États-Unis. Cette sécurité juridique a renforcé Ethereum en tant qu'infrastructure de base pour la DeFi et la tokenisation, et a ouvert les vannes aux investisseurs institutionnels. Rien qu'en juillet, l'Ether a enregistré une hausse impressionnante de 51%, suivie d'une nouvelle hausse de 19% en août, surpassant ainsi largement la performance du Bitcoin. Fin août, l'Ethereum cotait également à près de 4900 dollars, se rapprochant ainsi de son plus haut niveau historique pour la première fois depuis début 2022.
Parallèlement, les flux entrants dans les ETF Ethereum ont atteint un niveau record de 5,4 milliards de dollars en juillet, soit une augmentation de 366% par rapport au mois précédent. Les actifs sous gestion ont également explosé, avec une hausse de 120% pour les ETF ETH, tandis que les gains des ETF Bitcoin ont été relativement modérés, à 14%.
Les sociétés de trésorerie Ethereum, c'est-à-dire les sociétés cotées en bourse qui se concentrent exclusivement sur l'accumulation d'Ethereum et augmentent ainsi leur «ETH par action», ont également donné une impulsion positive. A l'instar de MicroStrategy dans le secteur du Bitcoin, BitMine ou Sharplink pourraient, dans ce cas, avoir un effet positif sur le prix de l'Ethereum grâce à leur forte pression d'achat. En outre, elles contribuent à renforcer le discours selon lequel l'Ethereum est un «actif de trésorerie productif».
Les données issues des analyses on-chain et des flux des ETF le montrent clairement: les capitaux passent du Bitcoin à l'Ethereum. Une nouvelle logique d'allocation se dessine ainsi dans les portefeuilles institutionnels. Le Bitcoin reste la «réserve de valeur», l'or numérique et le pilier du bilan de l'univers cryptographique. L'Ethereum, en revanche, peut non seulement être thésaurisé, mais aussi utilisé activement, avec un potentiel de rendement grâce au staking, aux flux de trésorerie provenant des protocoles DeFi et en tant que fondement de l'économie des tokens.
Le marché des cryptomonnaies se trouve donc à un tournant. Le bitcoin conservera son rôle de réserve de base et de réserve de valeur stable. Mais la croissance réelle de la productivité provient de l'ethereum, stimulée par la sécurité réglementaire, les afflux institutionnels massifs et l'essor de la DeFi et de la tokenisation.