La néobanque allemande Raisin Bank, spécialiste de l’épargne en ligne, doit remédier à des lacunes sur la prévention du blanchiment d’argent, a averti lundi le superviseur allemand Bafin.
L’autorité de Bonn (ouest de l'Allemagne) a identifié des «insuffisances dans la prévention du blanchiment d’argent» chez Raisin Bank AG, notamment dans «l’analyse des risques, l’évaluation des risques clients, la surveillance informatique et le respect des obligations du responsable de la lutte contre le blanchiment d’argent», selon un communiqué.
Ces lacunes «ont des conséquences importantes sur la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme par l’institut», précise la Bafin.
Raisin Bank assure avoir pleinement coopéré avec le superviseur pour corriger ces manquements, qui sont survenus pendant les exercices 2021 et 2022, et précise que ces insuffisances ont été traitées «systématiquement avec l’aide d’un cabinet d’audit», dans un communiqué transmis à l’AFP.
Les examens interne et externe ont confirmé la correction des lacunes, validée lors de l’audit légal des comptes 2024, est-il précisé.
La banque ajoute qu’elle a «depuis longtemps investi de manière significative dans le renforcement de sa prévention du blanchiment d’argent, en renforçant ses effectifs et en améliorant ses processus».
Raisin est une plateforme numérique qui met en relation des banques et des particuliers, proposant aux seconds une gamme de produits d’épargne chez les premières.
Elle revendique plus d’un million d’épargnants qui ont déjà placé plus de 70 milliards d’euros via la plateforme.
La Bafin avait ordonné en décembre 2023 la correction des lacunes mais sa communication n’intervient que maintenant pour des motifs légaux.
La traque du superviseur allemand sur les défaillances potentielles des néobanques s’est également illustrée avec la berlinoise N26.
Sous pression des investisseurs après un rapport critique sur sa gestion des risques, N26 a renforcé sa conformité et sa prévention de la fraude, et son président et cofondateur, Valentin Stalf, a été contraint la semaine dernière de quitter son poste opérationnel pour rejoindre le conseil de surveillance.