L’opérateur boursier Euronext a lancé jeudi officiellement une procédure d’achat de la Bourse d’Athènes, après des résultats en forte hausse au deuxième trimestre, portés par la volatilité des marchés.
«Euronext annonce le dépôt d’une offre publique d’échange» visant «à acquérir la totalité des actions de Hellenic Exchanges-Athens Stock Exchange («Athex»)», a-t-il expliqué dans un communiqué.
L’offre publique d’achat «prendra la forme d’un échange d’actions», à un «taux de conversion fixe de 20'000 actions Athex pour une action Euronext», a développé le groupe.
Concrètement, les détenteurs de titres d’Athex pourront les échanger contre des actions Euronext, sur la base de ce ratio. Cette opération valoriserait chaque action «à 7,14 euros», et l’ensemble de la société à «412,8 millions d’euros».
«La Grèce a des perspectives de croissance dynamique, et retrouvé une meilleure situation financière», a expliqué à l’AFP le PDG d’Euronext, Stéphane Boujnah.
Athex a confirmé dans un communiqué jeudi avoir reçu une «offre conditionnelle non contraignante d’échange d’actions de la part d’Euronext». Celle-ci bénéficie du «soutien unanime» du conseil d’administration.
Euronext, qui détient déjà les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Milan et Oslo, avait déjà annoncé sa volonté d’acquérir la Bourse d’Athènes début juillet.
Mais la première proposition transmise à Athex, qui valorisait chaque action à «6,90 euros», avait été écartée par l’opérateur grec, a détaillé ce dernier.
Des «discussions intenses, avec beaucoup de professionnalisme» ont permis de conclure un accord, a expliqué Stéphane Boujnah.
«Volatilité exceptionnelle»
Avec cette opération, Euronext attend des «synergies de 12 millions d’euros par an à partir de 2028». Les coûts de l’intégration s’élèveront à «25 millions d’euros».
Le groupe a aussi fait état jeudi d’un chiffre d’affaires en hausse de 12,8% au deuxième trimestre sur un an, à 465,8 millions d’euros, et de 29,7% de son bénéfice net, à 183,8 millions d’euros.
«Ce sont des résultats record, avec une croissance à deux chiffres pour le cinquième trimestre de suite», s’est félicité Stéphane Boujnah.
Selon le communiqué, le groupe a été porté par la «volatilité exceptionnelle des marchés». Plus les échanges sont nombreux, plus Euronext perçoit de commissions.
Or, depuis début avril et l’annonce de Donald Trump d’une rafale de «droits de douane réciproques» visant presque tous les partenaires commerciaux des Etats-Unis, les marchés ont connu des montagnes russes.
«Euronext a enregistré des volumes quotidiens moyens en hausse de 21,2% par rapport au deuxième trimestre 2024», sur ses marchés boursiers.
Les autres activités liées aux obligations, des devises, des matières premières («FICC») ont aussi connu une hausse de leur chiffre d’affaires de 20,1%.
Les marchés d’Euronext ont enfin profité du mouvement de repli des capitaux internationaux vers l’Europe, dans la foulée des annonces de Trump dans la première économie mondiale.
«Ce mouvement n’est pas une simple correction de marché. Les Etats-Unis deviennent méconnaissables et suscitent beaucoup d’incertitudes. Je pense que l’on assiste à une réallocation durable de la confiance en faveur notamment de l’Europe», veut croire Stéphane Boujnah.
A côté de ses activités traditionnelles, le groupe «continue de mener sa stratégie de diversification», a-t-il expliqué.
Les divisions d’Euronext ne dépendant pas des volumes échangés sur les marchés, provenant notamment des services de données ou de règlement-livraison, ont représenté 58% du chiffre d’affaires total durant le trimestre.