Après le statu quo de la Banque centrale européenne (BCE), l’attention se porte sur la Fed puis la Banque du Japon (BoJ). Jerome Powell est sous une pression considérable de Donald Trump pour baisser les taux. Les marchés semblent toutefois ignorer ces problématiques et réagissent favorablement aux accords commerciaux, notamment au Japon.
Pressions politiques et divergences monétaires
Les publications américaines montrent à la fois une éclaircie sur le plan de l’activité dans les services et la poursuite de la dégradation de la situation immobilière. Les commandes de biens d’équipement laissent entrevoir une rechute de l’investissement au troisième trimestre. La croissance entre avril et juin dépendra in fine de la contribution des stocks, mais la consommation a mieux terminé le trimestre qu’anticipé. La BCE se réunissait cette semaine. Christine Lagarde a maintenu les taux inchangés soulignant que les données économiques apparaissaient conformes aux prévisions communiquées en juin. La croissance se situe à 1,5% sur un an au premier trimestre et l’inflation avoisine l’objectif de 2%. Un éventuel accord commercial, faisant suite à celui conclu par le Japon, réduirait l’incertitude.
Ainsi, le statu quo à 2% pourrait s’imposer jusqu’au troisième trimestre 2026. Malgré l’inflation projetée à 1,6% l’an prochain, il semble en effet que la BCE ne soit pas encline à aller plus bas, et le niveau de 2% permet de garder des marges de manœuvre en cas de forte hausse de l’euro ou de dégradation de l’activité. Les enquêtes conjoncturelles poursuivent leur lente amélioration (IFO, PMI). La demande de crédit des entreprises s’améliore, à l’exception de la France.
Résilience des marchés malgré l’incertitude
La volatilité des marchés apparait bien inférieure à l’incertitude économique ambiante. Ce sentiment favorise les actions américaines, invariablement propulsées par la technologie. Les publications de résultats sont bien orientées. Le premier tiers des publications révèle une croissance de 8,3% des bénéfices sur un an. Les chiffres d’affaires progressent de 4%. L’accord commercial entre le Japon et les Etats-Unis fait aussi bondir le Nikkei de 3,5%. Bref, le marché cherche à mettre un point final à cette période délétère. En Europe, les petites capitalisations voient leur performance relative s’améliorer à la marge depuis un mois. Le leadership des banques s’affirme encore, suivi de l’assurance et de quelques cycliques. Quant au marché de taux, le T-note semble attiré par le point de 4,40% avant un FOMC sous la pression de Donald Trump. Le probable statu quo ne rassemblera pas l’unanimité. Le relèvement du plafond de la dette reposera la question du refinancement dévoilé début août et, de nouveau, du risque de pentification.
Après la BCE, la valeur d’équilibre du Bund semble s’être déplacée vers la borne supérieure de la fourchette 2,50- 2,70% qui prévaut depuis le mois d’avril. Les tensions sur l’emprunt allemand sont sans préjudice aux spreads souverains, stables ou en baisse. L’OAT s’échange à 68pb, le BTP à 83pb. Le crédit continue d’attirer les intérêts acheteurs. Le spread moyen sur l’investment grade ressort à 72pb contre swap. Les acheteurs de protection semblent avoir capitulé entrainant le fort resserrement du Crossover vers 270pb. Le high yield américain poursuit aussi sa surperformance comme la dette émergente. Ainsi, le spread de l’EMBI file vers les 300pb contre Treasuries. Comme l’an passé, une hausse des taux de la BoJ (au lendemain du FOMC) pourrait faire dérailler les actifs risqués, d’autant que, comme en 2021, les signaux d’excès sur les petites valeurs américaines sont apparus. Le marché des changes est étrangement inerte. Le dollar-yen s’est stabilisé à 147 contre le billet vert effaçant la faiblesse en amont des élections à la Chambre haute qui aboutiront à la démission d’Ichiba en août. L’euro est la variable d’ajustement lorsque le dollar montre des accès de faiblesse. La monnaie unique vaut 1,17 dollars.