En juin, la présidente Christine Lagarde a souligné que la Banque centrale européenne (BCE) se trouvait «dans une bonne position». Avec une inflation globalement conforme à l’objectif, nous pensons que le cycle de baisse des taux touche à sa fin.
Lors de la réunion de jeudi, nous estimons que la BCE laissera inchangé le taux de la facilité de dépôt, à 2%. Ce niveau est probablement considéré par la majorité des membres du Conseil des gouverneurs comme le point médian d’une politique monétaire neutre pour la zone euro.
Les membres du Conseil des gouverneurs se montrent confiants quant au fait que le choc inflationniste de 2021-2022 a été en grande partie maîtrisé, mais ils reconnaissent de nouveaux défis, notamment l’impact attendu de la politique tarifaire américaine sur la confiance et l’activité, ce qui pourrait accentuer les risques pesant sur une croissance déjà modeste. Les discussions du Conseil devraient désormais se concentrer sur l’orientation future de la politique monétaire, et plus particulièrement sur la nécessité ou non d’adopter une posture plus accommodante afin d’éviter que l’inflation ne reste durablement inférieure à l’objectif de stabilité des prix.
Dans l’ensemble, nous pensons que les risques entourant les perspectives d’inflation à moyen terme restent globalement équilibrés. La BCE cherchera probablement à préserver une marge de manœuvre en matière de politique conventionnelle et à limiter le risque de devoir faire machine arrière peu après avoir atteint le taux terminal.
Lors de la réunion de septembre, avec de nouvelles projections économiques des services de la BCE, celle-ci pourrait décider d’une nouvelle baisse de taux afin de se prémunir contre un risque de sous-inflation plus durable. Mais il est également possible que le cycle de baisse se soit déjà conclu avec le taux actuel de 2%.