Les marchés actions américains sur des plus hauts

Aline Goupil Raguénès, Ostrum AM

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Malgré les tensions politiques et commerciales, les marchés actions américains battent des records, soutenus par des statistiques solides et les valeurs technologiques.

 

Les marchés boursiers américains enregistrent de nouveaux records portés par des statistiques meilleures que prévues et un bon début de saison d’annonces des résultats. Les taux européens se détendent alors que les taux longs américains subissent des anticipations d’inflation plus élevées.

Données économiques contrastées

La semaine a été marquée par la publication de données économiques meilleures qu’attendues outre-Atlantique, qu’il convient toutefois de relativiser, et une séance du 16 juillet agitée, à la suite de craintes d’un licenciement à venir de Jerome Powell par Donald Trump. Les ventes de détail américaines sont sorties supérieures aux attentes sur le mois de juin: +0,5% pour le groupe de contrôle (qui exclut les éléments volatils). Ce chiffre doit néanmoins être relativisé par la révision en baisse du mois de mai (0,2% contre 0,4%) et le fait qu’il ne soit pas corrigé de l’inflation. Celle-ci est ressortie plus faible que prévu en variation mensuelle pour l’indice core (0,2% en juin contre 0,3% attendu par le consensus) mais les prix de certains biens commencent à être affectés par l’impact des tarifs douaniers plus élevés. C’est notamment le cas de certains meubles, produits électroménagers et jouets. Les inscriptions hebdomadaires au chômage plus faibles que prévues doivent être tempérées par la stabilisation des demandes continues à un plus haut de plus de 3 ans. La confiance des ménages de l’Université de Michigan s’est améliorée pour le deuxième mois consécutif, pour rester à un niveau nettement inférieur à sa moyenne de longue période (61,8 contre 84,4). Enfin, l’indice NAHB des constructeurs immobiliers (33 en juillet) continue de révéler une contraction de l’activité dans ce secteur, affecté par des taux hypothécaires élevés et une forte incertitude.

Marchés et taux sous tension

Dans ce contexte, les taux longs américains se sont tendus sur la semaine, plus particulièrement le 30 ans (+5pb à 5%), en raison de l’anticipation d’une inflation plus élevée du fait des politiques menées par Donald Trump. Il a même dépassé les 5% durant la semaine, affecté par la hausse des craintes d’un licenciement imminent de Jerome Powell par Donald Trump, rapidement démenties par ce dernier mais pas totalement écartées. Une enquête est en cours sur les travaux de rénovation de la Banque centrale, jugés mal gérés, pouvant donner un prétexte à la Maison Blanche pour le limoger. Le dollar et les taux courts ont baissé sur ces craintes avant de rapidement se reprendre après l’intervention de Trump. Les taux courts américains se sont détendus sur la semaine (-1pb sur 2 ans) en raison notamment du discours de Waller, jugeant approprié de baisser les taux dès juillet compte tenu des signes d’affaiblissement du marché de l’emploi. Il est en minorité au sein du Conseil des Gouverneurs puisqu’ils ne sont que 2, avec Bowman, à préconiser une baisse dès ce mois-ci. Les swaps d’inflation ont augmenté aux Etats-Unis (+5pb sur le 10 ans) en raison des craintes liées à la hausse des tarifs douaniers. En zone euro, les taux se sont détendus, le 2 ans et le 10 ans de 3pb pour revenir à 1,87% et 2,70% respectivement. L’Union Européenne (UE) négocie avec les Etats-Unis pour éviter des tarifs douaniers de 30% à partir du 1er août, tout en préparant des mesures de représailles en cas d’échec des pourparlers, ciblant les services américains exportés vers l’UE. L’annonce du cadrage budgétaire par François Bayrou n’a pas eu d’impact sur le spread français. Les spreads de crédit en zone euro se sont écartés sur la semaine et de manière plus marquée sur le High Yield (+6pb). Enfin, les marchés actions US ont enregistré de nouveaux plus hauts, faisant fi des craintes de droits de douane plus élevés et des pressions exercées sur la Fed par Donald Trump. Ils ont été portés par les valeurs technologiques. L’Eurostoxx 50 a légèrement baissé sur la semaine (-0,45%). Au Japon, les marchés étaient dans l’attente des résultats des élections de la Chambre Haute du 20 juillet.

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