- Le scénario «ni guerre, ni paix» au Moyen-Orient entretient la volatilité, tandis que les tensions sur les infrastructures pétrolières et le détroit d’Ormuz alimentent les risques sur l’offre et l’inflation mondiale.
- Face à une inflation persistante, les banques centrales conservent une posture restrictive, entraînant une remontée généralisée des taux aux Etats-Unis, en zone euro et au Japon.
- Malgré la remontée des taux et les interrogations autour de certaines thématiques liées à l’intelligence artificielle, les marchés actions ont reculé de manière limitée.
Le scénario du «ni guerre, ni paix» continue d’alimenter une forte volatilité, illustrant la forte sensibilité des marchés à chaque évolution géopolitique.
Au Moyen-Orient, l’annulation de la réunion entre le Conseil de coopération du Golfe et l’Iran, ainsi que l’interruption de l’oléoduc saoudien Est-Ouest à la suite de frappes de drones, ont ravivé les tensions. Les attaques houthistes contre l’Arabie saoudite renforcent le risque d’un déficit d’offre pétrolière plus durable. Le Brent a ainsi atteint 109 dollars le baril, en hausse de près de 20% depuis le début du mois de septembre. La perspective d’une perturbation prolongée des flux transitant par le détroit d’Ormuz constitue désormais un risque majeur pour le marché de l’énergie et l’inflation mondiale. L’absence de réaction immédiate de Donald Trump, malgré la dégradation de la situation, a particulièrement retenu l’attention des investisseurs. Les marchés ont donc recherché des signaux susceptibles de conforter l’hypothèse d’une désescalade et d’une reprise des flux pétroliers.
Dans un contexte d’inflation persistante et de prolongation du conflit au Moyen-Orient, la remontée des taux s’est généralisée. Le taux américain à dix ans a ainsi franchi le seuil de 5% pour la première fois depuis 2023. La Fed a été contrainte de relever ses taux de 25 points de base, dans une décision unanime qui renforce la crédibilité de Kevin Warsh. Cette hausse se justifie par une inflation toujours trop élevée, un marché du travail résilient et une croissance solide. La Fed laisse par ailleurs ouverte la possibilité d’un resserrement supplémentaire si le processus de désinflation ne reprend pas rapidement.
En zone euro, les anticipations de marché intègrent désormais près de 100 points de base de hausses cumulées de la BCE d’ici septembre 2027.
La Banque du Japon a également relevé ses taux directeurs de 25 points de base, face aux pressions inflationnistes, tant domestiques qu’extérieures, ainsi qu’à la faiblesse persistante de la devise. Les taux courts et longs japonais atteignent leurs plus hauts niveaux depuis trente ans.
À contre-courant, la Banque d’Angleterre a maintenu ses taux à 3,75%, compte tenu de la dégradation du marché du travail. Elle a toutefois présenté un plan de long terme visant à réduire la taille de son bilan, ce qui a contribué au recul des taux longs.
Face à cette remontée des taux, les marchés actions reculent, mais de manière limitée, y compris dans un contexte de défiance accrue à l’égard de certaines thématiques liées à l’intelligence artificielle. Cette résilience suggère que les investisseurs ont déjà intégré un niveau de risque plus élevé, entre hausse des prix du pétrole, tension sur les taux longs et anticipation d’un resserrement monétaire. Nous doutons toutefois de la pérennité de ces niveaux sur les taux: les coûts économiques d’une escalade durable, combinés au maintien de taux élevés, pourraient favoriser une accalmie au moins partielle avant la fin de 2026.
Dans ce contexte, qui rend les taux plus attractifs, nous renforçons notre recherche de portage, en surpondérant les obligations de maturités courtes à intermédiaires. Nous estimons qu’un cycle prolongé de hausse des taux n’est pas le scénario central, ce que semblent également indiquer les «dots» de la Fed. La stabilité des marchés actions, ainsi que leur capacité à absorber les niveaux de taux actuels grâce à de bons résultats d’entreprises, nous conduisent à conserver une vue constructive sur cette classe d’actifs. Nous maintenons notre vue négative sur le dollar.