En zone euro, l’inflation globale est remontée à 3,3%, principalement sous l’effet des prix de l’énergie, tandis que l’économie chinoise continue de pâtir d’une demande intérieure atone.
Au Japon, les indicateurs économiques surprennent à la hausse et la BoJ maintient un cap restrictif, ouvrant la voie à une probable hausse des taux en septembre.
En cette semaine de rentrée, les marchés ont dû digérer le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole le vendredi précédent et de nouvelles frappes des Etats-Unis en Iran. Le Président de la Fed a prononcé un discours beaucoup plus «hawkish» qu’attendu en mettant en avant une inflation trop élevée, qui dure depuis trop longtemps et une diffusion qui tend à s’accroitre. Il considère, de plus, que l’objectif de plein emploi est atteint. Même s’il refuse de donner des indications sur l’évolution future de la politique monétaire, les investisseurs ont réagi en augmentant la probabilité d’une hausse de taux jusqu’à près de 70% en septembre. Dans ce contexte, les taux ont progressé après ce discours, puis en début de semaine, également soutenus par la hausse des prix du pétrole sur fond de regain de tensions au Moyen-Orient. La remontée des taux a pesé sur les actifs risqués en début de semaine.
Les données économiques ont encore plus d’importance avec l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed. Cette semaine, les chiffres finaux de l’ISM manufacturier, des PMI composite et des services, ainsi que l’ISM Services ont confirmé la résilience de l’économie américaine mais aussi les tensions sur les prix avec des composantes prix globalement orientées à la hausse.
En zone euro, l’inflation a progressé en août pour atteindre 3,3%, comme attendu. Cette hausse est principalement due aux prix de l’énergie. L’inflation cœur, en revanche, est légèrement en baisse à 2,4%, vs 2,5% le mois précédent et 2,5% attendu. Les craintes d’un effet de second tour de l’accélération des prix du pétrole et du gaz restent d’actualité et la hausse de taux de la BCE lors de sa réunion de la semaine prochaine est complètement anticipée par les investisseurs.
En Chine, les PMI sont en-deçà de 50 (zone de contraction économique) pour le deuxième mois consécutif, avec un chiffre inférieur aux attentes pour le PMI non-manufacturier, reflétant la faiblesse de la demande intérieure. Si les PMI publiés par RatingDog sont meilleurs, ils confirment la même trajectoire à savoir celle d’une économie supportée par ses exportations, notamment technologiques, et d’une demande domestique à la peine.
Au Japon, les données économiques sont meilleures, avec des ventes au détail et une production industrielle qui surprennent à la hausse au mois de juillet. La tendance haussière de l’indicateur de confiance des consommateurs a été confirmée par le chiffre du mois d’août. La communication de la BoJ reste restrictive et une hausse de taux est anticipée pour le mois de septembre. Le yen a progressé de plus de 2% face au dollar cette semaine à la suite de déclarations en marge du G20 des ministres des finances et une pression accrue de Scott Bessent.
Dans ce contexte, nous avons profité de la correction des marchés actions due à des taux plus élevés et à de nouvelles tensions au Moyen-Orient pour lever une couverture mise en place au mois d’août sur les actions de la zone Euro. Nous continuons de penser que la Fed ne montera pas ses taux au mois de septembre, ce qui devrait permettre une détente sur les taux et en conséquence sur les actions. Nous avons été confortés en ce sens par le discours de Christopher Waller, montrant plus de patience pour la mise en place d’une politique monétaire plus restrictive. Nous conservons ainsi notre vue légèrement positive sur la duration.