Sur le plan géopolitique, les annonces de Scott Bessent relatives aux sanctions économiques contre l’Iran s’avèrent plus modérées que prévu, en particulier celles visant les partenaires commerciaux de l’Iran dont la Chine et l’Inde. Cette approche graduée écarte le risque d’escalade immédiate au cours des prochaines semaines. En parallèle, les rumeurs de négociations via les intermédiaires pakistanais et qataris, ainsi que les avancées des discussions entre Oman et l’Iran sur le détroit d’Ormuz, ont permis de contenir les pressions sur les prix du pétrole, même si l’Iran maintient son projet de taxation du transit dans le détroit, s’opposant directement à la dernière proposition de Donald Trump.
Sur le plan commercial, le président américain a relancé les hostilités en ciblant d’abord le Canada, frappé de droits de douane de 50% sur 20 milliards de dollars d’importations dès le 8 septembre. Ottawa a riposté à l’identique en surtaxant de 50% l’automobile et l’aluminium américains, poussant Washington à appliquer la même hausse à d’autres produits canadiens. Par ailleurs, la Maison-Blanche envisage d’imposer 7,5% de taxes supplémentaires sur les produits chinois, lesquelles s’ajouteraient au taux effectif actuel estimé à 26%, alors qu’une rencontre avec Xi Jinping reste prévue en septembre.
Côté macroéconomie, les indicateurs d’activité américains restent solides en août, avec un PMI composite à 56 (contre une prévision de 54). De son côté, la publication de l’inflation PCE ne montre aucun effet de contagion lié aux tensions énergétiques, s’affichant stable à 3,7% globalement et 3,3% pour sa composante sous-jacente. Les ménages américains restent toutefois prudents, leurs dépenses de consommation réelle stagnent, malgré une hausse de 0,5% de leur revenu disponible.
Les indicateurs d’activité de la zone euro se montrent également résilients avec un PMI composite à 52,1 en août (contre 51,7 attendu et 52 en juillet). Ces chiffres masquent cependant des fragilités sous-jacentes, notamment en France où l’indicateur baisse à 48,8 (vs 49,5 attendu) sous l’effet du repli du secteur des services.
Enfin, le spread OAT-Bund s’est récemment écarté pour se rapprocher de ses plus hauts niveaux post-dissolution, plombé par les incertitudes politiques françaises. Alors que le vote du budget 2027 approche et fait craindre un blocage à l’Assemblée nationale, une reconduction par défaut du budget de 2026 creuserait le déficit de 0,5%. Le marché scrute déjà la présidentielle, où les sondages annoncent un second tour Le Pen-Mélenchon. Le récent débat organisé par le patronat n’a pas rassuré, les deux candidats manquant de précision et de crédibilité: la première sur ses propositions d’économies, le second sur ses projets de taxations supplémentaires, de revalorisation salariale et d’annulation partielle de la dette française.
Comme nous pensons que l’approche des élections de mi-mandat (midterms) aux Etats-Unis devrait favoriser une résolution diplomatique et atténuer les tensions sur les prix, nous demeurons positifs sur les taux et le crédit ainsi que sur les actions, sur lesquelles nous avons mis des couvertures suite au rallye estival. Nous gardons néanmoins notre vue négative sur le dollar.