Pierre Mirabaud écope de 2 ans avec sursis pour corruption

AWP

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Le TPF qui jugeait en procédure simplifiée le banquier genevois, désormais retraité, a retenu les faits contenus dans l’acte d’accusation du Ministère public de la Confédération (MPC).

Le Tribunal pénal fédéral (TPF) a déclaré mardi Pierre Mirabaud coupable de corruption d’agents publics étrangers et de blanchiment d’argent. L’ancien président de l’Association suisse des banquiers écope de deux ans de prison avec sursis.

Le TPF qui jugeait en procédure simplifiée le banquier genevois, désormais retraité, a retenu les faits contenus dans l’acte d’accusation du Ministère public de la Confédération (MPC). La Cour, après avoir interrogé Pierre Mirabaud, a lu mardi en fin de matinée le dispositif de son jugement.

Selon l’acte d’accusation, Pierre Mirabaud a octroyé des avantages, à hauteur de 82 millions de francs, à la demande d’un haut-fonctionnaire du Koweït pour que ce dernier place des fonds publics dans la banque du même nom.

En contrepartie, le Koweïtien, président de l’Institution publique de sécurité sociale (PIFSS) de ce pays du Golfe, a placé une partie des fonds de cette institution, à hauteur de plus d’un demi-milliard de dollars, auprès de la banque privée genevoise.

 

Pierre Mirabaud exprime ses regrets

Le procès devant le Tribunal pénal fédéral de l’ancien banquier genevois Pierre Mirabaud s’est ouvert mardi matin par son interrogatoire. Interrogé par le juge unique, il a reconnu les faits contenus dans l’acte d’accusation et a exprimé ses regrets.
Interrogé par le juge, le banquier genevois a ainsi admis avoir accepté la proposition d’un haut-fonctionnaire koweitien. Ce dernier, qui était à la tête de l’Institution publique de sécurité sociale (PIFSS), avait exigé de recevoir à titre personnel des commissions.
Par près de 300 transferts, le haut-fonctionnaire a reçu pendant douze ans l’équivalent de 82 millions de francs de commissions indues, et ce à l’insu du PIFSS.
En contrepartie, le Koweïtien a placé une partie des fonds du PIFFS, à hauteur de plus d’un demi-milliard de dollars, auprès de la banque Mirabaud. Il a également procédé à des investissements dans des fonds de placement conseillés par la banque et en partie gérés par cette dernière.

«Une grave erreur de jugement»
Le banquier genevois, désormais retraité, a déclaré devant le juge avoir «fait une très grave erreur de jugement». «J’ai conscience d’avoir fait quelque chose qu’on n’aurait pas dû faire», a-t-il ajouté.
Il a précisé que la plus grande erreur était de ne pas avoir exigé une confirmation du PIFFS qu’ils étaient au courant: «j’ai reçu une confirmation orale, mais jamais par écrit», a-t-il indiqué.
Quant au gain strictement personnel que cela lui a rapporté, Pierre Mirabaud a articulé un montant de 1,8 million de dollars pour toute la période. Non sans susciter une certaine surprise chez le juge, qui a commenté «c’est pas un peu peu?». L’ancien banquier genevois a néanmoins confirmé ce chiffre.
Dans un costume bleu-gris, le banquier retraité a répondu aux questions du juge sur sa situation personnelle. Il a évoqué brièvement ses problèmes de santé, concluant que son «état de santé n’est pas très bon».
Alors que la parole lui était donnée une dernière fois avant que la Cour se retire pour délibérer, Pierre Mirabaud a encore une fois exprimé ses regrets et ajouté «je suis ici pour assumer ma responsabilité, c’est pour cela que j’ai accepté cette procédure».

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