Oui à la monnaie pleine! Non à la mauvaise foi!

Christian Gomez

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Réponse à l’article de Jean-Pierre Roth publié sur Allnews le 4 juin 2018.

Il est difficile de trier dans tous les sophismes et les contrevérités édictés par Jean-Pierre Roth dans un article aussi court.

Sa comparaison de l’assurance-dépôts avec une assurance-incendie montre les carences profondes de ses réflexions sur les risques bancaires car, dans cette activité, les risques sont interdépendants à la fois du fait d’un environnement économique commun et des relations qui unissent tous les éléments du système monétaire entre eux.  Une comparaison sans signification donc pour masquer le phénomène bien réel de l’interconnexion, dont il ne prit pas toute la mesure quand il fut à la tête de la BNS entre 2002 et 2009, puisque celle-ci laissa se développer les prêts interbancaires dans des proportions démesurées avant la crise de 2008.

L’initiative ne concentre nullement le crédit entre les mains de la BNS. C’est un mensonge répété en boucle par tous les opposants mais qui n’a pas la moindre réalité.  Au contraire, elle redonne au marché des fonds prêtables son plein rôle. Mr Roth, entre autres choses, oublie que cette réforme a été conçue par des économistes libéraux viscéralement attachés à la liberté de décision et de choix des agents économiques.

«Les citoyens ont mille fois plus à gagner par une réappropriation
de la rente monétaire, sous forme de baisse d’impôts par exemple.»

Pour un économiste, il est incroyable de protester contre la facturation des services à leur coût réel et leur ouverture totale à la concurrence pour en faire baisser les prix. En contrepartie, les citoyens ont mille fois plus à gagner par une réappropriation de la rente monétaire, sous forme de baisse d’impôts par exemple, ce qui est une conséquence de la réforme.

Justement, la redistribution de la rente monétaire n’est pas la planche à billets comme il le dit, mais la restitution aux budgets publics du prélèvement sur les ressources produites que constitue la création monétaire, à l’instar de l’impôt. Une analyse initiée déjà par Ricardo au début du XIXe siècle et que des économistes comme Maurice Allais (Prix Nobel 1988) ont poursuivie. Dans le cadre de la réforme MP, les règles internationales de gouvernance monétaire n’ont plus aucune espèce de signification puisque le contrôle sur la monnaie est total dans le nouveau système. Et la monnaie ne serait pas vide comme il le prétend car la BNS aurait en face d’elle les entités publiques avec, intacte, leur capacité de taxation sur la production nationale.

Mais, il est vrai que les mots ne veulent plus rien dire. Il vaut mieux sourire (pour ne pas pleurer) quand on entend «les tenants du système» qualifier les initiants «d’apprentis-sorciers», eux qui ont conduit leur propre système à la ruine et qui cherchent depuis 10 ans à le sauver par une inflation de régulations et par l’application de  méthodes dites (par euphémisme) «non-conventionnelles» qui ont inondé le monde (et la Suisse) de liquidités, spolié les épargnants et généré des bulles pour créer des «effets-richesse» complètement artificiels. Sachant que l’application de la réforme permettrait de régler les conséquences des politiques passées et de repartir sur des bases assainies, Il devrait y avoir des limites à la mauvaise foi. Espérons que les citoyens suisses les poseront clairement dimanche prochain!