Volatilité des marchés sans grande influence sur l’économie

AWP

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Selon l’économiste en chef de Credit Suisse Claude Maurer, le moral en berne des investisseurs ne suffit pas à projeter l’économie mondiale dans une récession.

L’économie suisse ne devrait pas dans l’immédiat être impactée négativement par les turbulences sur les marchés financiers, a indiqué dans un entretien à AWP Claude Maurer. Selon l’économiste en chef de Credit Suisse, le moral en berne des investisseurs ne suffit pas à projeter l’économie mondiale dans une récession.

Même si le quatrième trimestre 2018 a été marqué par d’importantes turbulences sur les marchés financiers, M. Maurer ne s’attend pas à court terme à en ressentir l’impact sur l’économie réelle. «L’un des éléments les plus importants pour le moral des consommateurs est la situation sur le marché du travail, et celle-ci est actuellement bonne», a-t-il indiqué.

«Mais si les craintes d’une récession, qui sont reflétées par la baisse des cours, devenaient réalité, la Suisse serait aussi impactée négativement», a précisé l’expert, ajoutant toutefois ne pas s’attendre à un tel scénario. Selon lui, une récession dans un horizon de 12 à 18 mois est improbable.

Des risques subsistent toutefois. L’Europe reste le premier partenaire économique de la Suisse, et l’exposition au marché unique est importante. La Chine constitue cependant un risque bien plus grand, en raison du ralentissement conjoncturel de la deuxième puissance économique mondiale et du litige commercial entre Pékin et Washington, qui pèse sur les exportations.

Comme scénario de base pour l’économie suisse, Claude Maurer anticipe une poursuite du ralentissement des exportations, qui aura un impact négatif sur les investissements en biens d’équipement. Le secteur de la construction devrait également voir son rythme baisser, en raison de la suroffre d’appartements en location et de l’érosion des carnets de commande. La consommation des ménages devrait par contre légèrement accélérer.

La Banque nationale suisse (BNS) pourrait quant à elle relever ses taux directeurs pour la première fois cette année - une première depuis 2007. Elle suivrait ainsi son homologue européenne (BCE), qui pourrait resserrer sa politique monétaire à l’automne. Les taux directeurs devraient en revanche encore rester négatifs en Suisse au moins jusqu’à fin 2019.