Une surprenante résistance au Japon

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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La période faste actuelle de l’économie japonaise ne devrait pas durer. En Chine, les mesures de relance du gouvernement devraient rester timides.


Vague de promotions au centre commercial de Namba à Osaka. ©Keystone

L’économie japonaise est très exposée à la demande chinoise et au commerce international en général, et sa croissance potentielle fait partie des plus basses du monde développé. Pourtant, à la surprise générale, elle a progressé aussi rapidement que l’économie américaine au premier semestre et même deux fois plus vite que celle de la zone euro. Son principal moteur de croissance reste la demande intérieure. 

Plus les consommateurs japonais avanceront leurs achats, plus le décrochement
sera brutal une fois la taxe sur la consommation relevée.

Le cycle d’investissement des entreprises ne faiblit pas et les ménages accélèrent leurs dépenses en vue du relèvement de la taxe sur la consommation, en octobre. Cette période faste ne devrait pas durer selon nous. Plus les consommateurs avanceront leurs achats, plus le décrochement sera brutal une fois la taxe relevée. Nous réduisons donc un peu notre prévision de croissance à 0,3% pour 2020, en tablant sur un ralentissement de la consommation et sur le frein persistant de la demande extérieure, aggravé par la hausse sensible du yen. L’inflation sous-jacente devrait donc rester faible et la Banque du Japon va certainement prendre des mesures pour relancer l’économie.

Durcissement de position en Chine

La trêve commerciale conclue au sommet du G20 de juin fut de courte durée. Dès début août, Donald Trump annonçait des droits de douane sur les 300 milliards de dollars d’exportations chinoises épargnées jusque-là. Pékin a réagi en promettant des taxes de 5-10% sur 75 milliards de dollars d’exportations américaines, avant que les Etats-Unis ne surenchérissent en annonçant 5% de plus sur tous les produits chinois. 

Les négociations avec les Etats-Unis
seront bien plus ardues qu’avant la dernière escalade.

Maintenant que la Chine a durci sa position, les négociations seront sans doute bien plus ardues qu’avant la dernière escalade. Même si l’économie nationale ressent sûrement les effets négatifs des tensions commerciales, les mesures de relance du gouvernement – qui a déjà fait savoir que la relance par l’immobilier n’était pas à l’ordre du jour – devraient rester timides. De plus, la banque centrale a créé une nouvelle valeur de référence des prêts bancaires pour abaisser les taux du crédit aux entreprises, sans réduire toutefois son taux directeur, ce qui dénoterait certes un assouplissement plus général mais exercerait une pression à la baisse sur la monnaie chinoise.