Un million de francs en 2004: ce qu'il vaudrait aujourd'hui

Communiqué, Vanguard

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«L’inflation a été si faible en Suisse qu’un gain de 1 million remporté en 2004 aurait encore relativement bien conservé sa valeur réelle à fin 2025», explique Jonathan Decurtins de Vanguard.

Un gain de 1 million de francs remporté dans un jeu télévisé à la fin de 2004 aurait, dans l’ensemble, conservé sa valeur réelle jusqu’au 31 décembre 2025. En Suisse, l’inflation est en effet restée particulièrement faible par moments, devenant même négative à certaines périodes. Selon l’analyse de Vanguard, il aurait suffi que le montant initial atteigne 1’105'039,95 francs à fin 2025 pour préserver son pouvoir d’achat. Le chiffre symbolique d’un 1 million de francs a donc mieux résisté en Suisse que dans la plupart des pays de la région. Pour les épargnants, toutefois, la question de fond demeure: laisser son argent en liquidités ou l’investir peut produire, avec le temps, des écarts significatifs.

La manière dont ce capital aurait ensuite été utilisé aurait donc fait toute la différence. S’il avait simplement été conservé en liquidités et rémunéré au taux de dépôt de la Banque nationale suisse sur l’ensemble de la période – une hypothèse généreuse, les dépôts de détail offrant généralement des rendements légèrement inférieurs et pouvant être soumis à des frais –, il aurait atteint 1’060'804,52 francs. Une fois corrigé de l’inflation, cela représenterait 955'764,57 francs en termes réels au 31 décembre 2025, soit un niveau nettement inférieur aux 1’105'039,95 francs nécessaires pour préserver le pouvoir d’achat initial.

Même dans un pays où l’inflation a été exceptionnellement faible, et parfois négative, les épargnants ont donc été confrontés à un arbitrage concret: conserver leur argent en dépôt, au risque d’en perdre une partie en valeur réelle, ou regarder au-delà des liquidités afin de donner à leur épargne de meilleures chances de préserver son pouvoir d’achat dans la durée.

A l’inverse, si ce gain avait été investi le 31 décembre 2004 dans un indice actions mondialement diversifié, tel que le FTSE All-World, il aurait atteint 4’112'776,08 francs sur la même période, après correction de l’inflation. Cette comparaison rappelle un enseignement essentiel pour les épargnants de long terme: le risque ne se limite pas à la volatilité des marchés. Il réside aussi dans l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat lorsque l’épargne traditionnelle ne progresse pas suffisamment pour préserver la valeur réelle du capital. Sur longue période, l’investissement diversifié a historiquement offert de meilleures chances non seulement de préserver ce pouvoir d’achat, mais aussi de l’accroître.

Jonathan Decurtins, responsable Wholesale pour la Suisse et le Liechtenstein chez Vanguard, déclare: «La Suisse constitue un cas particulier, car l’inflation y a été si faible qu’un gain de 1 million de francs remporté en 2004 aurait encore relativement bien conservé sa valeur réelle à fin 2025. Mais même dans ce cas, la distinction essentielle ne tient pas seulement au montant nominal, mais à ce que les épargnants ont fait de cet argent au fil du temps.

Même dans un environnement déflationniste, laisser cet argent en dépôt l’aurait réduit de plus de 45’000 francs en termes réels, le faisant passer sous les 1’105'039,95 francs nécessaires pour préserver son pouvoir d’achat initial. Pour les épargnants de long terme, cela souligne un enseignement plus large: les liquidités peuvent sembler rassurantes parce qu’elles paraissent stables en surface, mais, avec le temps, la question la plus importante est de savoir si l’argent reste simplement immobile ou s’il a la possibilité de croître en termes réels.»

Chiffres clés et principaux enseignements

  • Ce qu’il est advenu du gain lui-même
    o    Un gain nominal de 1’000’000 remporté à la fin de 2004 aurait dû atteindre environ 1,1 million au 31 décembre 2025 pour préserver son pouvoir d’achat, reflétant le niveau d’inflation exceptionnellement faible observé en Suisse sur la période.
    o    Cela signifie qu’un tel gain remporté en Suisse en 2004 aurait relativement bien résisté en termes réels selon les standards actuels. Mais la question de savoir s’il aurait réellement gardé une longueur d’avance dépendait toujours de l’usage qui en aurait été fait: aurait-il été laissé en liquidités ou investi?
  • Ce qu’il se serait passé si l’argent était resté en liquidités
    o    En supposant que le gain ait été conservé sur un compte rémunéré au taux de dépôt de la Banque nationale suisse, il serait revenu à 955'764,57 francs au 31 décembre 2025, après correction de l’inflation.
    o    Ce montant est inférieur aux 1’105'039,95 francs nécessaires pour préserver le pouvoir d’achat initial du gain. Cela montre que, même dans un environnement déflationniste, les liquidités auraient légèrement sous-performé en termes réels.
  • Ce qu’il se serait passé si l’argent avait été investi
    o    Si l’intégralité du montant avait été investie le 31 décembre 2004 dans l’indice FTSE All-World, elle aurait atteint 4’112'776,08 francs sur la même période, après correction de l’inflation.
    o    Ces chiffres illustrent l’ampleur de l’écart qui peut se creuser sur le long terme lorsque l’argent progresse nettement plus vite que l’inflation.
  • Pourquoi c’est important
    o    Ces données offrent une manière simple et accessible d’expliquer que, même dans un pays où l’inflation a été exceptionnellement faible, voire négative, la vraie question pour les épargnants de long terme n’est pas de savoir si les liquidités semblent stables, mais si elles suffisent à préserver ou à renforcer leur pouvoir d’achat futur.

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