Un marché de niche à fort potentiel

Salima Barragan

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Selon Annelie Fearon d'Edmond de Rothschild, les obligations convertibles devraient rapporter un rendement supérieur à 5% cette année.


Annelie Fearon, gérante du fonds Edmond de Rothschild Fund Global Convertibles.

La volatilité et les taux d’intérêt augmentent? Une aubaine pour les obligations convertibles. Ces instruments hybrides offrent une source d’alpha supplémentaire grâce à la composante optionnelle qui se valorise durant ces périodes.

Jusqu’à présent, les fonds d’allocation d’actifs avaient délaissé les obligations convertibles (OC) au profit des actions et des obligations dont la tendance était haussière. Mais dans un environnement devenu incertain, elles sont les meilleures candidates à considérer. Leur profil asymétrique permet de diminuer les pertes lors de correction de marché grâce au plancher obligataire tout en capturant deux tiers de la hausse des actions. Elles offrent donc une diversification supplémentaire tout en optimisant le profil risque/rendement d’un portefeuille.

«Nous arrivons à une phase mature du cycle et un ralentissement
est à prévoir d’où un delta aux actions un peu plus bas»

Le fonds EdR Fund Global Convertibles d'Edmond de Rothschild, géré par Annelie Fearon, se concentre sur le marché des OC mixtes pour offrir un maximum de convexité. «Grâce à cette qualité, nous avons surperformé les actions en février lorsque les indices ont plongé. Le fonds ne se positionnera jamais au-delà de ce profil de convexité car nous ne considérons pas ces instruments comme des substituts d’actions», commente la gérante. Récemment, elle a adopté un positionnement plus défensif: d’une sensibilité aux actions de 53% elle est descendue à 43%. «A court terme, nous sommes positifs sur les marchés actions mais nous arrivons à une phase mature du cycle et un ralentissement est à prévoir d’où un delta aux actions un peu plus bas», explique la gérante. Pour une baisse généralisée de 20% des marchés actions, actuellement le fonds ne baissera que de -6,7%.

Surpondérer l’Europe et le Japon

Annelie Fearon estime que les OC européennes offrent des émissions dont la partie crédit est de meilleure qualité ce qui implique une plus grande convexité. Les valorisations des OC japonaises sont en dessous de leur moyenne historique. Aux États-Unis, où les actions se traitent avec une plus grande surcote, les OC ont généralement un delta plus grand aux actions. Pour cette raison, la gérante sous-pondère ce marché ce qui lui a permis de battre son benchmark*. En revanche, c’est sur le marché américain, plus abondant en émissions d’OC, que l’on repère les meilleures opportunités. «D’un point de vue idiosyncratique, on peut jouer sur certaines thématiques à l’instar des sociétés actives dans la technologie du «blockchain» dont les OC se sont bien comportées», souligne Annelie Fearon.

«Le fonds compte réduire l'exposition à la technologie
au profit des secteurs de l’énergie et des matériaux.»

Actuellement, le fonds est investi dans le secteur de la technologie à hauteur de 13,5% mais elle compte réduire cette exposition au profit des secteurs de l’énergie et des matériaux. «Le prix du pétrole a augmenté ce qui profite aux entreprises dont les valorisations sont actuellement très intéressantes. Aussi, les matériaux vont tirer parti du retour de l’inflation ainsi que des réformes «supply-side» qui ont amélioré cette industrie», explique la gérante.

Un marché primaire redynamisé

Des conditions de crédit favorables avaient détourné les entreprises des émissions d’OC au profit d’obligations «straights» plus facile à émettre et meilleur marché. Mais le marché primaire des convertibles a regagné en vigueur et cette tendance va persister. Les valorisations des actions devenant élevées, il devient avantageux pour les émetteurs de rentabiliser ces niveaux en émettant des OC.

Sur ces 20 dernières années, les OC ont surperformé les actions. Le rendement réinvesti est de 230% pour l’indice ICE boAM Global CB Index contre 164% pour l’indice MSCI ACWI Net Total Return Equity Index. Durant cette période elles ont délivré un rendement ajusté au taux sans risque équivalent aux obligations classiques mais durant les périodes de hausse des taux, elles affichent généralement des performances supérieures pour une moindre sensibilité aux hausses de taux d’intérêt. Avec une volatilité de l’ordre de 5,1 % dans le cas du fonds EdR Fund Global Convertibles, les obligations convertibles contribuent à diminuer la volatilité totale tout en maintenant une exposition aux actions. Ces instruments hybrides ont décidément toutes les qualités désirables pour les inclure dans une allocation de portefeuille.

* Benchmark: Thomson Reuters Global Focus Hedged (Eur) CB Index