Quelles perspectives pour le prix du pétrole?

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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La principale crainte est que, si le trafic maritime normal dans le détroit d’Ormuz ne reprend pas, les prix du pétrole continueront à grimper jusqu’à peser sur la demande.

© Keystone

 

Dernièrement, les marchés de l’énergie ont été particulièrement volatils, les investisseurs s’inquiétant de plus en plus de l’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz sur l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. Les marchés seront attentifs à toute évolution concernant les efforts des Etats-Unis pour rouvrir le détroit. Explication.

L’incertitude autour de l’évolution de la situation au Moyen-Orient a alimenté la volatilité sur l’ensemble des marchés. Celle-ci s’est surtout manifestée sur les prix du pétrole.

L’Agence internationale de l’énergie, créée dans le sillage de l’embargo pétrolier de 1973, a récemment déclaré que le marché du brut subissait «la plus grande perturbation de l’offre de l’histoire». La principale crainte est que, si le trafic maritime normal dans le détroit d’Ormuz ne reprend pas, les prix du pétrole continueront à grimper jusqu’à peser sur la demande.

Les questions qui se posent

La Recherche d’UBS identifie quatre questions clés: Premièrement, dans quels délais le conflit pourra-t-il être résolu? Deuxièmement, si les hostilités se prolongent, les Etats-Unis parviendront-ils à organiser l’escorte des pétroliers à travers le détroit? Récemment, le secrétaire américain à l’Energie, Chris Wright, a estimé que cela pourrait être possible d’ici la fin du mois – tout en reconnaissant que les Etats-Unis ne sont pour l’instant «tout simplement pas prêts». Reste également à savoir si l’Iran intensifiera ses efforts pour dissuader les expéditions de pétrole transitant par le détroit.

Troisièmement, les exportateurs pétroliers de la région, notamment l’Arabie saoudite, chercheront-ils à acheminer leur pétrole via des itinéraires alternatifs? L’Arabie saoudite redirige déjà des volumes record vers son port de la mer Rouge et les investisseurs chercheront à évaluer la viabilité de cette solution dans la durée. Les Emirats arabes unis ont également augmenté leurs expéditions via un itinéraire permettant d’éviter le détroit.

Quatrièmement, de nouvelles annonces seront-elles faites concernant le déblocage de réserves stratégiques par les gouvernements afin d’atténuer la perturbation de l’offre? L’Agence internationale de l’énergie a indiqué que ses membres allaient débloquer un volume record de 400 millions de barils de pétrole, soit plus du double des 182 millions de barils mobilisés après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Les investisseurs surveilleront si cette mesure peut contribuer à apaiser les marchés, alors que les niveaux de stocks dans les raffineries reculent.

L’évolution du baril de Brent ces prochains mois

Le scénario de base de la Recherche d’UBS est que les prix du pétrole resteront élevés à court terme tant que le détroit restera fermé. Elle table sur un baril de Brent autour de 90 dollars d’ici fin juin. Dans sa stratégie active sur les matières premières, elle a renforcé sa position sur l’énergie, désormais légèrement surpondérée, compte tenu des risques haussiers qui pèsent sur les prix du pétrole à court terme.

Toutefois, dans l’hypothèse où le conflit ne s’inscrirait pas dans la durée, la Recherche d’UBS anticipe un recul du Brent vers 85 dollars le baril d’ici fin septembre, puis 80 dollars le baril d’ici fin mars 2027. Avant les frappes contre l’Iran, le baril de Brent évoluait autour de 70 dollars.

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