La Fed conserve une marge pour assouplir sa politique monétaire
Selon notre scénario central, nous anticipons un assouplissement de la politique monétaire américaine à partir de septembre. Cette vision repose sur la conviction que les droits de douane auraient un impact très limité sur l’inflation aux Etats-Unis, tandis que le rééquilibrage mondial de l’offre et de la demande devrait accentuer la décélération des prix, tant pour les biens que pour les services. La baisse des prix des matières premières énergétiques a également tiré les indicateurs globaux à la baisse. L’inflation sous-jacente a bénéficié de cette dynamique, ainsi que du rééquilibrage entre offre et demande.
Le réajustement spécifique du marché de l’emploi américain devra être suivi de près. Nous observons un ralentissement dans la dynamique de création d’emplois, principalement lié à l’incertitude observée au premier semestre, qui a freiné la capacité des entreprises à planifier leurs investissements et leurs embauches. Cette évolution pourrait peser sur la croissance des salaires et, in fine, sur l’inflation des services. Jerome Powell souligne que le FOMC évaluera l’écart entre les données réelles d’inflation et d’emploi et leurs objectifs respectifs, et que cette fonction de réaction servira probablement de boussole jusqu’à la fin de l’année. Un probable refroidissement du marché du travail, combiné à une inflation convergeant vers 2%, pourrait inciter la Fed à réagir plus rapidement, avec une baisse cumulée de 50 à 75 points de base des Fed Funds d’ici la fin de l’année.
BCE: deux nouvelles baisses de taux avant une pause
Le scénario actuel de la Banque centrale européenne prévoit encore deux baisses de 25 points de base avant une pause dans son cycle d’assouplissement. Cette orientation s’explique par des pressions désinflationnistes accrues, résultant d’un euro plus fort qu’anticipé et de la baisse des prix des matières premières énergétiques. La désinflation des prix sous-jacents semble également suivre la bonne trajectoire, comme l’a récemment souligné Philip Lane, économiste en chef de la BCE, à propos des pressions déflationnistes sur le panier de biens (le réacheminement de biens manufacturés en Chine vers le marché commun exerce une pression à la baisse sur cette composante du panier de consommation). Le net ralentissement de la croissance des salaires devrait également favoriser une normalisation progressive de l’inflation des services d’ici fin 2026, selon l’indicateur de suivi des salaires de la BCE.