Pictet: les rendements des actions seront moins élevés en 2020

AWP

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Anastassios Frangulidis, stratégiste en chef de Pictet, anticipe une certaine stagnation du côté des Etats-Unis, les valorisations y étant déjà très élevées.


©Keystone

Les marchés actions resteront attrayants en 2020, mais ne généreront que des rendements modérément positifs après les performances stratosphériques de cette année. Il s’agit de l’hypothèse privilégiée par Anastassios Frangulidis, stratégiste en chef du groupe bancaire Pictet.

Les politiques monétaires des banques centrales continueront à bénéficier aux actions. Les quatre principales institutions - la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, celle du Japon et la Banque populaire de Chine - vont encore injecter des liquidités à hauteur de 100 milliards de dollars l’année prochaine, selon M. Frangulidis.

Lors d’un événement à Zurich, le spécialiste a rappelé que le montant susmentionné est inférieur de 20% à la moyenne des 11 dernières années. Malgré cela, cet argent constitue un soutien non négligeable aux classes d’actifs risqués, dont les actions font partie.

Le marché suisse des actions, en raison de son caractère défensif, ainsi que ses homologues européens et émergents devraient attirer les capitaux. Anastassios Frangulidis anticipe en revanche une certaine stagnation du côté des Etats-Unis, les valorisations y étant déjà très élevées.

Les différents facteurs (forte croissance, faible coût du capital, baisses d’impôts...) ayant soutenu les marchés boursiers outre-Atlantique ces dernières années se sont atténués, selon le directeur de l’investissement du groupe bancaire genevois.

M. Frangulidis table sur une croissance du PIB de 1,5% aux Etats-Unis l’année prochaine, après 2,3% en 2019. Il s’agirait d’un plancher sur dix ans, a-t-il rappelé. Les tensions commerciales sino-américaines ne seront pas résolues de sitôt. Le spécialiste exclut cependant toute escalade entre Pékin et Washington.

Ces tensions vont néanmoins freiner l’économie mondiale. Cette «guerre froide» économique va occuper les marchés financiers durant les années à venir, prophétise Anastassios Frangulidis.

Côté obligataire, les rendement devraient rester faibles au cours des premiers mois de l’année prochaine. Les titres à taux fixe conserveront un pouvoir d’attrait très limité, à l’exception des obligations des pays émergents.

Les emprunts à haut rendement s’avèrent paradoxalement très risquées, en raison du haut niveau d’endettement des entreprises qui les émettent, avertit le stratégiste en chef. Un défaut ne peut être exclu en ce qui les concerne.