Comme anticipé, la BNS ne voit pas la nécessité d’intervenir dans l’immédiat et maintient son taux directeur inchangé à 0%. Ses prévisions et sa communication sont légèrement plus restrictives qu’en juin, mais ne laissent entrevoir aucune hausse des taux d’intérêt dans l’immédiat. La BNS estime que les pressions inflationnistes à moyen terme sont simplement légèrement plus élevées et a, par conséquent, relevé modérément ses prévisions d’inflation conditionnelles. À 0,9%, son point final se situe toujours dans la moitié inférieure de la fourchette de stabilité des prix comprise entre 0% et 2%. Suite à l’affaiblissement persistant du franc, la BNS a par ailleurs modéré sa communication sur la politique du marché des changes et l’a réorientée de manière plus neutre. Dans l’ensemble, nous n’anticipons toujours pas de hausse des taux d’intérêt dans un avenir proche.
Par rapport à juin, la BNS considère désormais que les pressions inflationnistes à moyen terme n’ont «que légèrement augmenté». En juin, cette même évaluation était encore «pratiquement inchangée». Elle a donc sans surprise revu à la hausse ses prévisions d’inflation conditionnelles. Elle table ainsi sur une inflation plus forte, notamment au cours des prochains trimestres, en raison de la hausse des prix de l’énergie.
À moyen terme, sa prévision n’est toutefois que légèrement supérieure à celle de juin. Son niveau final au deuxième trimestre 2029 s’établit à 0,9% et se situe donc toujours dans la moitié inférieure de la fourchette de stabilité des prix. La BNS justifie notamment cette légère révision à la hausse à moyen terme par l’affaiblissement du franc. Par conséquent, elle a également réorienté sa communication sur la politique de change dans un ton plus neutre. En mars et en juin, elle avait encore souligné sa volonté accrue de contrer une appréciation rapide et excessive du franc par des interventions sur le marché des changes. Désormais, elle se contente d’indiquer qu’elle interviendra sur le marché des changes si nécessaire afin de garantir des conditions monétaires appropriées. L’orientation explicite contre une appréciation du franc est ainsi supprimée.
Selon notre analyse, l’évaluation de la situation présentée aujourd’hui ne laisse pas présager une hausse prochaine des taux d’intérêt. Les pressions inflationnistes hors composantes énergétiques restent faibles. La récente hausse de l’inflation a été principalement portée par les prix de l’énergie et rien n’indique pour l’instant qu’elle évolue vers une pression sur les prix à long terme et généralisée. Cette analyse rejoint largement celle de la BNS. Nous continuons de penser que la BNS attendra des signes plus nets indiquant que la pression sur les prix est plus généralisée et qu’elle persiste au-delà des effets temporaires liés aux prix de l’énergie avant de relever son taux directeur. Notre scénario de base reste donc celui d’un taux directeur inchangé dans un avenir prévisible.