Moins d’inquiétude sur la performance des fonds durables

Communiqué, Schroders

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Près des deux tiers des participants à l’étude de Schroders sur les investisseurs institutionnels ont changé d’avis.


©Keystone

Les préoccupations des investisseurs concernant l’impact négatif de l’investissement durable sur les performances diminuent pour la quatrième année consécutive1. Les investisseurs suisses désireux d’investir de manière durable se concentrent sur l’investissement thématique (33%) et l’intégration des critères ESG dans le contexte du portefeuille (20%).

En 2021, 38% des investisseurs institutionnels à travers le monde craignaient que les investissements durables aient un impact négatif sur la performance. Ils étaient 45% à partager cette préoccupation en 2020, et un sur deux (48%) deux ans auparavant (voir graphique ci-dessous). Le préjugé selon lequel les investissements durables rapportent moins que les fonds conventionnels a la peau dure. Entre-temps, largement plus de la moitié (62%) des participants à l’étude ont cependant changé d’avis.


 

En outre, depuis la pandémie de COVID-19, 52% des investisseurs institutionnels à travers le monde accordent davantage d’attention aux critères ESG lorsqu’ils investissent. En Europe, pas moins de 62% des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative – le plus clairement en Irlande et au Danemark avec 100% de réponses positives, mais en Italie (92%) et en France (91%) également, la sensibilisation à l’investissement durable est désormais profondément ancrée. En Suisse, cette proportion atteint 65% et se situe juste au-dessus de la moyenne européenne.

Seuls 8% des investisseurs ne croient pas aux avantages des investissements durables. Cette baisse est significative par rapport à l’enquête de 2018. A l’époque, près d’une personne sur cinq (18%) partageait cet avis.

En Suisse, les coûts sont le plus grand défi pour l’intégration de l’analyse ESG

Toutefois, des défis subsistent en matière d’investissement durable: le «greenwashing» (59%) est considéré comme le plus gros problème au niveau mondial. Cette valeur n’a pratiquement pas changé par rapport à l’année précédente (60%). Ce n’est pas le cas en Suisse. Ici, seuls 38% considèrent l’écoblanchiment comme un problème. Le coût de l’intégration des facteurs ESG dans le contexte du portefeuille est considéré comme le problème de loin le plus important en Suisse (59%). Il s’agit de la deuxième valeur la plus élevée au monde. Ce n’est qu’au Japon que les préoccupations à cet égard sont encore plus grandes (61%).

Environ la moitié (46%) des personnes interrogées doutent que les risques associés aux investissements durables puissent être mesurés et négociés. Cette proportion est en hausse significative par rapport à 2020. À l’époque, seule une personne sur trois (33%) était de cet avis. Le manque de transparence (53%) est également considéré comme un problème majeur.

Les critères d’exclusion sont jugés moins importants

L’intégration des critères ESG dans le contexte du portefeuille est l’approche privilégiée de l’investissement durable dans le monde entier et les critères d’exclusion sont clairement devenus moins importants. Le filtrage positif, l’investissement thématique et l’engagement actif auprès des entreprises sont également des possibilités de mise en œuvre appréciées.

A l’approche de la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra en novembre, près de deux tiers (64%) des investisseurs estiment qu’en matière de «stewardship», le changement climatique et l’évitement des combustibles fossiles figurent parmi les questions les plus importantes. L’accent mis sur les questions environnementales était plus répandu chez les investisseurs européens que chez les investisseurs d’Amérique du Nord et de la région Asie-Pacifique (voir le graphique ci-dessous).

Andreas Markwalder, CEO de Schroder Investment Management (Switzerland), commente: «Les résultats de l’étude actuelle confirment notre stratégie à long terme. Obtenir un impact réel et durable grâce aux investissements est devenu une préoccupation centrale pour de nombreux investisseurs. En tant que gestionnaire d’actifs avec un stewardship exemplaire, nous agissons en outre comme représentant des droits de vote d’actionnaire pour le compte de nos clients. Nous aidons ainsi les conseils d’administration et la direction à contribuer à un changement positif dans leurs entreprises.»


 

Parmi les éléments suivants, lesquels sont, selon vous, importants pour s’engager dans le stewardship?

Perspectives pour 2021

Les attentes en matière de rendement ont augmenté dans le monde entier au cours des douze derniers mois: 82% des personnes interrogées s’attendent à des rendements annuels d’au moins 4% au cours des cinq prochaines années, contre 73% il y a un an. En Suisse, cette attente est un peu plus faible (68%), les 32% restants tablant sur un rendement annuel compris entre 2% et 4% au cours des cinq prochaines années. Les investisseurs suisses sont clairement plus conservateurs – on pourrait aussi dire plus réalistes – que les investisseurs d’autres pays en ce qui concerne les rendements futurs.

En outre, les personnes interrogées ont davantage confiance que les attentes de rendement formulées seront atteintes: actuellement, 46% des investisseurs sont de cet avis, contre 33% il y a un an. L’optimisme est le plus marqué en Europe (53%), suivie de l’Amérique du Nord (44%).

Les facteurs perturbateurs sont les chocs exogènes et le ralentissement économique mondial. En outre, l’abandon progressif de la politique monétaire ultra-expansive est une source de préoccupation. Les craintes d’une recrudescence de l’inflation s’intensifient également et une augmentation des coûts du crédit est considérée comme un risque supplémentaire important. 


 

 

1 Schroders a chargé CoreData de réaliser la cinquième étude sur les investisseurs institutionnels afin d’analyser les principales priorités et préoccupations des plus importants investisseurs du monde, notamment l’environnement macroéconomique et géopolitique, les attentes en matière de rendement, l’allocation d’actifs et la position à l’égard des patrimoines privés et de l’investissement durable.
Les personnes interrogées représentent un large éventail d’institutions, notamment des caisses de pension, des compagnies d’assurance, des fonds souverains, des fondations et des fonds de placement, avec des actifs sous gestion totalisant 26’800 milliards de dollars. Cette vaste enquête a été menée dans le monde entier en février et en mars 2021. Les 750 investisseurs institutionnels se répartissaient comme suit: 204 en Amérique du Nord, 275 en Europe (Royaume-Uni et Afrique du Sud inclus), 205 dans la région Asie-Pacifique et 66 en Amérique latine. Les répondants étaient issus de 26 endroits différents.

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