Marchés privés, le temps des fondamentaux

Peter Arnold, LBP AM

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La compréhension des moteurs de croissance, de la qualité des flux de trésorerie et des besoins en investissements semble clé pour les marchés privés en 2026.

Entre reprise des levées et redéploiement progressif du capital, les marchés privés retrouvent de la visibilité. Pour capter durablement de la performance dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques, la discipline d’exécution et l’analyse fondamentale resteront décisives.

Porté par un environnement réglementaire et législatif favorable, la démocratisation des marchés privés se poursuit.  Cette classe d’actifs qui bénéficie, selon nos analyses, d’un couple rendement-risque attrayant sur long terme, permet de diversifier les portefeuilles et donner du sens aux investissements en finançant l’économie réelle et notamment des transformations majeures - climatique, numérique, sociétale. La réglementation qui s’adapte progressivement, dont la refonte des fonds ELTIF 2.01, constitue une avancée majeure pour faciliter l’accès des investisseurs particuliers aux actifs non cotés.

2025, une année en deux temps

Au premier semestre, en Europe, l’incertitude entourant les orientations de l’administration Trump a incité les gérants à adopter une posture attentiste. Le marché s’est ensuite normalisé, les acteurs intégrant progressivement ce nouveau cadre macroéconomique. Dans un cycle plus court et plus exigeant, la sélectivité est un impératif. Identifier les modèles résilients, analyser leur capacité à générer du cash flow et évaluer précisément leur potentiel opérationnel redeviennent des facteurs clés de performance. Et ce contexte dessine les thèmes d’investissement structurants pour 2026.

Des tendances de long terme

Premier constat, l’ESG entre dans une phase de consolidation. Si l’enthousiasme initial s’est modéré, les objectifs Climat des assureurs demeurent intégrés aux pratiques d’allocation. L’analyse de durabilité est devenue un standard en Europe, orientant les capitaux vers la décarbonation et l’impact social.

L’immobilier pourrait atteindre un point d’inflexion en 2026. Le ralentissement observé en 2025 tient surtout au rééquilibrage des allocations.

Deuxième tendance, la montée en puissance des infrastructures, un secteur solidement installé dans les portefeuilles.  Porté par la transition énergétique, le développement des infrastructures sociales et la modernisation des équipements, le secteur élargit également son périmètre avec la montée en puissance des infrastructures digitales et des systèmes de stockage d’énergie par batteries, aux côtés des actifs traditionnels des énergies renouvelables.

A cela s’ajoute la santé, qui reste un secteur résilient. Le reflux de l’inflation allège les coûts d’exploitation, tandis que le vieillissement de la population soutient une demande prévisible. Autre dynamique forte, les services aux entreprises fondés sur la technologie, notamment ceux intégrant l’IA dans leurs process.

Autre thème porteur, les entreprises à double usage, à la croisée du civil et de la défense, se sont imposées en 2025 et devraient poursuivre leur essor. Leur résilience et leur capacité à diversifier leurs revenus les positionnent favorablement pour tirer parti à la fois de l'augmentation des dépenses de défense et du dynamisme commercial.

Enfin, l’immobilier pourrait quant à lui atteindre un point d’inflexion en 2026. Le ralentissement observé en 2025 tient surtout au rééquilibrage des allocations, notamment chez les assureurs historiquement très exposés via des véhicules semi liquides. Une fois cet ajustement absorbé, la normalisation devrait selon nous s’opérer.

La sélectivité décisive en 2026

Dans ce contexte, 2026 marquera le retour aux fondamentaux. 
La compréhension fine des moteurs de croissance, de la qualité des flux de trésorerie et des besoins en investissements sera déterminante. Dans un contexte où les niveaux d’endettement différent fortement d’un secteur à l’autre, la rigueur analytique et la discipline de valorisation s’imposent plus que jamais. Les stratégies qui se distingueront devraient être, selon nous, celles combinant expertise sectorielle et proximité avec les dirigeants. Enfin, la visibilité restera centrale : la recherche de performance mesurable et transparente s’impose. Le non coté entre aujourd’hui dans une phase plus technique, où l’exigence de preuve renforce la crédibilité de l’ensemble de la classe d’actifs.


1 Fonds européens d’investissement à long terme

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