L’évolution de la situation géopolitique a douché les espoirs de signature imminente d’un accord de cessez-le-feu de la semaine dernière. La demande américaine d’un engagement ferme de l’Iran à renoncer à l’arme nucléaire, conjuguée à l’intensification du conflit au Liban, a ravivé les tensions et conduit à de nouvelles frappes iraniennes. Un accord de cessez-le-feu a bien été conclu entre le Liban et Israël, mais il reste rejeté par le Hezbollah.
Malgré ce contexte incertain, le marché demeure convaincu d’une issue favorable aux tractations diplomatiques, comme en témoigne le paradoxe de la déclaration de Donald Trump évoquant «le milieu de la fin» des négociations pour mettre fin à la guerre en Iran. Ce dernier voit d’ailleurs la pression intérieure s’intensifier, avec un vote (non contraignant) de la Chambre des représentants visant à réduire ses marges de manœuvre financières et diplomatiques et à mettre un terme au conflit, soutenu par quelques élus républicains.
Aux Etats Unis, les composantes «prix» des ISM manufacturier et non manufacturier restent élevées, à respectivement 82,1 et 71,3 en avril. Les nouveaux droits de douane envisagés par l’administration Trump, entre 10% et 12,5% sur 60 pays accusés d’insuffisance dans la lutte contre le travail forcé, qui devraient prendre le relais de droits arrivant à échéance fin juillet, ne sont pas de nature à alléger ces pressions inflationnistes.
Les données d’activité s’améliorent, avec des indices ISM manufacturier et non manufacturier à 54 et 54,5 en mai, contre 52,7 et 53,6 en avril, en partie soutenus par des commandes de précaution liées à l’incertitude politique. Le marché de l’emploi surprend également à la hausse, avec des offres d’emplois JOLTS en nette progression à 7618k en avril contre 6887k en mars, et des créations d’emplois ADP à +122k en mai contre 109k en avril. Ces éléments renforcent la probabilité d’une inflexion de la politique de la Fed en faveur d’une hausse des taux d’ici la fin de l’année.
En zone euro, l’inflation globale progresse en ligne avec les attentes, à 3,2% en glissement annuel en mai, contre 3,0% en avril, avec une Allemagne à contre-courant grâce aux mesures gouvernementales (reflux à 2,6% contre 2,9%). Les prix à la production rebondissent nettement, à 4,9% en mai après 2% en avril. L’indice PMI composite d’activité économique ressort au-dessus des attentes, à 48,5 contre 47,5. En revanche, les ventes au détail reculent de 0,4% sur un mois en avril. L’ensemble de ces données conforte les anticipations de hausse de taux par la BCE en juin.
Du côté de la Banque du Japon, Kazuo Ueda a ouvert la voie à une hausse de taux dès juin pour répondre aux pressions inflationnistes.
Dans ce contexte, marqué par l’attente d’une résolution permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, nous maintenons une exposition positive aux actions à moyen terme, tout en conservant nos protections en cas d’échec des négociations. Notre positionnement sur les taux et le crédit demeure positif, mais vigilant face aux risques inflationnistes à court terme.