L'environnement économique continue à évoluer dans un contexte complexe pour les actifs à risque dans leur ensemble. Même si le dernier trimestre de l'année s’est historiquement révélé le plus favorable pour le Bitcoin, l'imprévisibilité de l’environnement n'a apporté que des maux de tête. Dans ce cadre, le Bitcoin s'est comporté comme un actif à bêta élevé lors du repli général des actifs digitaux. Malgré une performance depuis le début de l’année qui dépasse encore celle de la plupart des actions des grands indices, les investisseurs ont commencé à devenir plus craintifs. Le contexte est déterminant, et même si les fonds négociés en bourse (ETF) ont enregistré des sorties d'environ 1 milliard de dollars au cours du mois dernier, les flux nets vers cette catégorie de produits restent bien supérieurs à 25 milliards de dollars depuis le début de l'année.
D’un point de vue bottom up et en prenant du recul par rapport aux événements récents, les bases pour le Bitcoin restent solides. Même si certaines prises de bénéfices ont eu lieu après les sommets historiques, les détenteurs à long terme ne se sont pas retirés de manière significative. Les liquidations sur produits dérivés subies par les traders à court terme à la mi-octobre sont avant tout le signe d'une hausse de l’aversion au risque, qui affaiblit la dynamique des contrats à terme fixes et perpétuels. L'offre de bitcoins reste peu liquide, comme en témoigne la faible profondeur du marché. Les défis se situent plutôt au niveau de l'environnement économique global: les orientations incertaines de la Réserve fédérale américaine (Fed), le resserrement de la liquidité en dollars américains et les discussions sur la bulle artificielle de l'intelligence artificielle (IA).
Concernant la liquidité, le resserrement quantitatif a progressivement retiré des centaines de milliards de dollars américains des actifs du bilan de la Fed. Au départ, la liquidation de 2500 milliards de dollars d'actifs dans le cadre de programmes de prise en pension inversée (reverse repo) a, dans une certaine mesure, neutralisé les effets du resserrement quantitatif. Les réserves bancaires américaines restaient abondantes, mais depuis que cette situation s'est tarie, elles sont retombées en dessous de 2900 milliards de dollars, un niveau qui n'avait plus été observé depuis plus de deux ans et demi.
S’agissant de l'IA, les craintes des investisseurs quant à la formation d'une bulle sont beaucoup plus marquées, notamment parce que plus de 50% des actions des principaux indices boursiers américains et asiatiques sont très exposées à ce thème. Cette montée de l'aversion au risque sur les marchés boursiers s'est répercutée sur les actifs numériques.
A l'avenir, les investisseurs devront rester attentifs aux facteurs qui influencent les actifs à risque de manière plus générale et de leurs effets sur les actifs numériques. Les altcoins représentent le bêta des cryptomonnaies, réagissant de manière encore plus forte aux variations de sentiment du marché que le bitcoin. Si la volatilité à court terme devait persister, rien ne permet de conclure que les perspectives à long terme du Bitcoin aient été remises en cause.