Impossible en effet de ne pas mentionner la très forte sous performance d’une partie du secteur technologique américain avec des entreprises de logiciels très fortement sous pression. La sous performance n’est pas nouvelle mais elle s’est fortement accentuée au cours des deux derniers mois, en particulier après l’avènement de la dernière version de Claude. Les investisseurs se questionnent sur le potentiel disruptif des différentes IA et des conséquences pour certains business model. Pourtant jusqu’ici les anticipations de bénéfices du secteur restent solides après une saison de résultats de bonne facture.
La baisse des valorisations est donc significative avec des PE1 forward 12M qui sont aujourd’hui inférieurs à 20x les bénéfices, c’est-à-dire un niveau inférieur à ce qui avait été constaté au moment de la crise du Covid ou durant Liberation Day. Nous avons profité de ces baisses pour augmenter nos allocations à certaines sociétés emportées par ces baisses indiscriminées mais il nous semble encore difficile de revenir massivement sur le secteur étant donné les incertitudes actuelles.
Le marché des matières premières a lui aussi beaucoup évolué depuis le début de l’année avec des métaux précieux qui poursuivent leur trajectoire ascendante, malgré une volatilité historique, et un baril de pétrole qui retrouve le haut de sa fourchette des 12 derniers mois autour de 70 dollars. Nous maintenons votre vision positive sur l’or et, à fortiori, sur les aurifères. Les raisons qui ont amené l’or à passe de 2000 à 5000 dollars au cours des 3 dernières années, c’est-à-dire déficits budgétaires et incertitudes sur l’inflation pour ne citer que les principales, nous semblent en effet toujours présentes. Concernant l’or noir, le risque est de notre point de vue un peu plus important qu’en fin d’année en raison de la potentielle disparition d’une partie de l’offre de pétrole russe suite à l’accord commercial entre les Etats-Unis et l’Inde mais aussi en raison de l’instabilité actuelle en Iran ou au Kazakhstan.
Le contexte macro-économique reste lui favorable avec une amélioration globale des prévisions de croissance. Cela devrait amener la croissance nominale mondiale à être encore une fois robuste en 2026 et donc les bénéfices à rester bien orientés. C’est un environnement favorable aux actifs risqués et principalement aux actions que nous continuons à surpondérer dans nos allocations.
Côté banques centrales, la BCE ne devrait pas nous surprendre au cours des 6 prochains mois et devrait conserver sa politique monétaire inchangée. L’inflation core reste en effet au-dessus des 2% et ne passera pas sous l’objectif avant le S2. Avec une croissance résiliente et une Allemagne qui montre des signes de renouveau, il sera probablement urgent d’attendre pour l’institution européenne. La situation est moins lisible de l’autre côté de l’Atlantique avec une Fed dont on connait a priori le nouveau président mais sans savoir exactement ce que sera sa vision concernant la politique monétaire à mener et des liens que la Fed doit avoir avec le trésor américain. Les taux des principaux pays du G7 ne devraient toutefois pas fortement évoluer, ce qui devrait rester favorable aux actifs crédit dans leur ensemble en raison d’une demande de rendement toujours très forte de la part des investisseurs.
Enfin, Difficile de ne pas mentionner l’incertitude qui vient de progresser à la suite de la décision de la cour suprême de rendre les droits de douane liés à l’IEEPA2 non légaux. Cela devrait engendrer des recours légaux, de nouveaux accords commerciaux et potentiellement plus de volatilité dans les semaines qui viennent.
Source: Bloomberg
1 Price Earnings Ratio, ratio cours bénéfice
2 International Emergency Economic Powers Act