La deuxième vague déferle aux Etats-Unis

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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Ces nouveaux foyers, dont deux poids lourds économiques (Texas et Floride), concentrent environ 22% du PIB américain.


© Keystone

Les données publiées depuis notre dernière édition se sont révélées très largement positives. Ventes de détail, production industrielle et marché des logements de mai ont rebondi plus fort que ne l’attendaient les marchés lors de la réouverture de l’économie, avec à la clé un stupéfiant recul du chômage en mai. Ce climat s’est prolongé en juin avec des chiffres supérieurs aux attentes pour la quasi-totalité des enquêtes, de l’industrie manufacturière régionale à la confiance des ménages. L’indice de surprise économique de Citi, qui compare prévisions et chiffres effectifs, a ainsi atteint un pic historique pour les Etats-Unis qui, entre maîtrise de la pandémie et réduction du coût économique, ont clairement choisi la deuxième option. Aux dernières nouvelles, les nouveaux cas quotidiens continuaient d’augmenter sur une base déjà élevée, le virus se déplaçant vers des Etats naguère moins touchés, surtout dans le sud. Ces nouveaux foyers, dont deux poids lourds économiques (Texas et Floride), concentrent environ 22% du PIB américain. Bien que le rebond du virus menace la reprise au troisième trimestre et que certains Etats aient cessé ou réduit leur déconfinement, la réticence de ces régions conservatrices à imposer des restrictions devrait limiter le coût économique, d’où notre estimation inchangée de recul du PIB de 3,4% en 2020, bien plus optimiste que les prévisions du consensus.

Si la plupart des chiffres sont remontés en mai grâce au déconfinement, l’inflation, toujours en recul, a été inférieure aux attentes, surtout dans l’énergie, l’habillement, les voitures d’occasion et les transports. Il semblerait donc que des promotions se soient imposées pour empêcher la demande de sombrer en mai. Le pire devrait toutefois être passé, la hausse des prix de l’énergie et la normalisation de l’activité devant réveiller petit à petit l’inflation totale et sous-jacente.

Dès juillet, les entreprises pourraient remettre ces salariés au travail
à temps partiel, tout en continuant à toucher les subventions.
Une innovation politique sensée au Royaume-Uni

Les chiffres britanniques n’ont cessé de surprendre ces 30 derniers jours. D’abord, le plongeon de l’activité en avril a été bien plus grave que nous ne l’attendions, d’où la nouvelle révision en baisse de nos prévisions de PIB 2020. Selon les chiffres mensuels de l’activité, l’économie ne tournait qu’à 75% de son niveau d’avant-crise en avril, les hôtels et restaurants ayant perdu plus de 90% de leur chiffre d’affaires. Entre-temps sont apparues de bonnes nouvelles: les ventes de détail en volume ont rebondi en mai et la confiance des entreprises s’est bien améliorée en juin, avec une poussée encore plus nette de l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier en territoire expansionniste. Plus important encore, le nouveau plan de sauvegarde de l’emploi, censé limiter les effets sur le marché du travail, a rencontré un franc succès. Aux dernières nouvelles, quelque 30% des salariés étaient au chômage partiel et le dispositif finançait 80% des salaires mensuels dans la limite de 2500 livres. Dès juillet, les entreprises pourraient remettre ces salariés au travail à temps partiel, tout en continuant à toucher les subventions, ce qui facilitera le redémarrage de la production et conforte notre prévision de reprise graduelle au troisième trimestre. Le principal risque serait une recrudescence de l’infection sous l’effet de la réouverture des restaurants début juillet et de l’assouplissement des contraintes de déplacement. En outre, les négociations commerciales avec l’UE, appelées à s’intensifier ces prochains mois en vue de la fin de la période de transition en décembre, créeront de nouvelles incertitudes pour les entreprises.

L’inflation totale annuelle ayant moins reculé que prévu en mai, à 0,5%, nous avons un peu relevé notre estimation pour l’année 2020. Nous pensons que mai marquera un plus-bas sachant que la remontée des prix de l’énergie et la normalisation de l’activité tireront les prix à la hausse, surtout pour les biens comme les vêtements, concernés par d’importantes promotions.

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