Lors de la réunion de la Réserve fédérale américaine la semaine prochaine, Kevin Warsh prendra sa première décision à la tête de l’institution. Alors qu’un statu quo est largement attendu, l’attention se portera sur les indications qu’il pourrait donner concernant la stratégie de réduction du bilan de la Fed. Il souhaite en effet réduire la taille de ce bilan, actuellement d’environ 6700 milliards de dollars, pour la ramener progressivement à des niveaux nettement inférieurs. Selon lui, la Fed devrait détenir moins d’actifs afin de jouer un rôle moins interventionniste sur les marchés, et il souligne que l’assouplissement quantitatif a historiquement davantage profité aux détenteurs d’actifs qu’aux ménages américains.
En pratique, le système financier dépend désormais de réserves abondantes : les banques doivent constituer d’importantes réserves de liquidité et, dans un contexte d’émissions record de bons du Trésor, les marchés privés pourraient avoir du mal à absorber les nouvelles obligations que la Fed céderait. Réduire le bilan sans provoquer une crise de liquidité de type 2019 ni exercer des pressions sur les obligations à plus longue échéance nécessiterait vraisemblablement des années.


