DWS: perspectives de marché - juillet 2026

Vincenzo Vedda, Tobias Rommel, Thomas Höfer, DWS

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Les estimations de bénéfices auraient récemment progressé plus fortement que les cours, ce qui indique que les investisseurs se montrent plus prudents.

Marché et macro

Vincenzo Vedda, Global Chief Investment Officer

Les actions restent prometteuses – des interrogations quant à la dynamique des bénéfices

«A notre avis, les perspectives pour les marchés boursiers restent bonnes», déclare Vincenzo Vedda, stratège en chef des investissements. Cela s’explique principalement par les perspectives de croissance toujours très favorables des bénéfices des entreprises. «Nous constatons toutefois une certaine nervosité sur le marché quant à la pérennité de ces bénéfices élevés, notamment dans les secteurs technologiques cycliques», ajoute M. Vedda. Un signe en témoigne: la baisse des valorisations. Les estimations de bénéfices auraient récemment progressé plus fortement que les cours, ce qui indique que les investisseurs se montrent plus prudents. On est toutefois encore loin de niveaux de cours historiquement bas. «Malgré des perspectives positives à moyen terme, nous observons certains changements quant à l’attractivité de certains sous-secteurs», précise M. Vedda. «Nous avons revu à la baisse notre recommandation sur le secteur des semi-conducteurs, en le ramenant à “neutre”. Certes, nous le considérons toujours comme le principal bénéficiaire du boom de l’IA, mais après la hausse spectaculaire de l’indice SOX des semi-conducteurs, d’environ 90% au deuxième trimestre, nous faisons preuve d’un peu plus de prudence à court terme.» Le secteur des semi-conducteurs reste un secteur cyclique qui augmente considérablement ses capacités. Si la propension à dépenser des donneurs d’ordre venait à s’affaiblir, parce que les investissements élevés ne génèrent pas les bénéfices promis, cela pourrait peser sur le secteur.

Même pour le secteur financier, dont les perspectives étaient jugées positives depuis longtemps, il faut désormais y regarder de plus près et nuancer le jugement. «En raison des bouleversements liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), nous portons actuellement un regard critique sur les prestataires de services financiers tels que les bourses, les courtiers en ligne, les émetteurs de cartes de crédit et les banques d’investissement», explique M. Vedda. Le tableau est en revanche très positif pour le secteur bancaire mondial. Aux Etats-Unis, il est soutenu par la déréglementation, en Europe par des rendements sur fonds propres plus élevés et au Japon par une hausse des revenus d'intérêts due à la hausse des taux d'intérêt.

Les thèmes qui animent les marchés financiers:

Conjoncture: l'économie allemande reste faible

  • Le dernier indice conjoncturel de l’ifo montre que l’économie allemande ne se porte toujours pas très bien. Bien qu’il ait légèrement augmenté en juin, il reste inférieur à son niveau d’avant le déclenchement de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.
  • Les conséquences du blocus du détroit d’Ormuz pourraient être source d’une incertitude supplémentaire en Europe.
  • Les programmes de dépenses publiques, notamment en Allemagne, constituent en revanche un soutien.

Inflation: le rythme de la hausse des prix ralentit en Europe et en Allemagne

  • La hausse des prix s'est quelque peu ralentie en Allemagne, plus que prévu. L'inflation est tombée à 2,3% en juin (contre 2,6% en mai).
  • Dans la zone euro également, l'inflation a récemment reculé. Elle s'est établie à 2,8% en juin, contre 3,2% en mai.

Banques centrales: une nouvelle hausse des taux d'intérêt semble probable dans la zone euro

  • Contrairement à la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine n'a pas relevé ses taux d'intérêt. Nous nous attendons à ce que la BCE procède à une nouvelle hausse des taux dans les mois à venir.
  • Il est difficile de prédire quelle orientation prendront la Réserve fédérale américaine et son nouveau président, Kevin Warsh. Ce dernier a laissé entendre qu'il comptait moins intervenir sur les marchés que son prédécesseur.

Risques: l'évolution du conflit avec l'Iran reste difficile à évaluer

  • Si les chiffres de l'inflation devaient prochainement remonter et ceux du marché du travail s'avérer plus mauvais que prévu, cela pourrait peser sur la croissance et la consommation, notamment aux Etats-Unis.
  • Dans ce contexte, l'évolution du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran reste un facteur d'incertitude qui ne devrait pas disparaître de sitôt.

Actions

Tobias Rommel, gestionnaire de fonds

Fabricants de semi-conducteurs: combien de temps ces marges bénéficiaires colossales vont-elles perdurer?

Cette formidable remontée des valeurs technologiques, en particulier celles des semi-conducteurs, peut-elle durer? L'indice sud-coréen KOSPI, dominé par les titres du secteur des semi-conducteurs, a progressé de 73% depuis le début de l'année (au 9 juillet), malgré les récentes baisses. En comparaison, la performance des «sept magnifiques», qui investissent des centaines de milliards de dollars dans les centres de données et l’intelligence artificielle (IA), semble pour ainsi dire modeste avec une hausse de 13%.

«Le fait que la vague d’investissements dans l’IA se poursuive sans relâche et que les cours aient jusqu’à présent à peine réussi à suivre la croissance des bénéfices plaide en faveur d’une poursuite de la reprise», explique Tobias Rommel, gestionnaire de fonds spécialisé dans les valeurs technologiques. En effet, on assiste à une redistribution des bénéfices d’une ampleur historique: alors que les «hyperscalers» devraient continuer à augmenter leurs dépenses en centres de données et en IA pour ne pas se faire distancer par la concurrence, les fabricants de semi-conducteurs pourraient augmenter leurs prix comme jamais auparavant, car la forte demande se heurte à des marchés qui ne sont pas préparés à cet afflux. En conséquence, les prix des puces mémoire ont grimpé en flèche. A court terme, cette tendance ne devrait pas changer. Alors que les hyperscalers sont confrontés à une hausse des coûts, les entreprises de semi-conducteurs profitent d’une conjoncture exceptionnelle en termes de chiffre d’affaires et de bénéfices. La hausse fulgurante des cours des actions des entreprises de semi-conducteurs n’a pas encore conduit à une surévaluation; au contraire: la hausse des prévisions de bénéfices est nettement supérieure à celle des cours, ce qui a même entraîné une légère baisse du ratio cours/bénéfice. Il n’est toutefois pas certain que cette croissance et ces marges bénéficiaires, atteignant parfois 50%, puissent se maintenir à long terme. Des interrogations subsistent à ce sujet. A terme, la question se pose donc de savoir pendant combien de temps les cours des valeurs du secteur des semi-conducteurs pourront continuer à évoluer nettement mieux que ceux de leurs clients, les hyperscalers. La logique sous-jacente est la suivante: à un moment donné, les investissements de plusieurs milliards d’Alphabet & Co. devront porter leurs fruits. Si ce n’est pas le cas, leurs commandes auprès des valeurs du secteur des semi-conducteurs diminueraient également. D’une manière générale, il pourrait être judicieux de s’intéresser également à des valeurs un peu plus défensives, telles que les services publics. «Le boom de l’IA fait exploser la demande en électricité des centres de données, de sorte que certains fournisseurs d’énergie, équipementiers du réseau électrique et entreprises de technologie énergétique peuvent également être des gagnants structurels de l’IA», explique M. Rommel. Toutefois, leurs cours auraient déjà nettement progressé.

Actions USA: toujours sur la voie du succès grâce à l'intelligence artificielle

  • Les actions américaines ont une nouvelle fois affiché de bons résultats cette année. Le S&P 500 affiche une hausse d'un peu plus de 9% depuis le début de l'année, tandis que l'indice technologique Nasdaq 100 progresse de 16% (au 8 juillet)
  • Tant que la vague de l'IA ne s'essouffle pas, cette tendance positive devrait se poursuivre.

Actions Allemagne: la bourse distribue des louanges prématurées

  • Les perspectives de nouvelles réformes en Allemagne ont récemment donné un petit coup de pouce à l'indice de référence allemand.
  • Cette année, la première économie européenne reste toutefois à la traîne en ce qui concerne l'évolution des cours sur le marché boursier. Si des signes indiquaient que les réformes sont en passe d'être mises en œuvre, la situation pourrait changer.

Actions Europe: la bonne évolution des bénéfices soutient les cours des actions

  • La performance des actions européennes depuis le début de l'année est convaincante. L'indice Stoxx 600 affiche une hausse de près de 8% (au 8 juillet).
  • Les prévisions de bénéfices se sont révélées solides depuis le début du conflit avec l'Iran, soutenues par le secteur de l'énergie, qui bénéficie de la hausse des cours du pétrole, ainsi que par les valeurs financières, qui profitent de la hausse des taux d'intérêt.

Actions Japon: malgré une impressionnante remontée des cours, les perspectives restent prometteuses

  • En hausse de 20,7% depuis le début de l'année (au 8 juillet): l'indice japonais Topix 100 figure parmi les marchés boursiers les plus performants de l'année.
  • Nous continuons de voir un potentiel de hausse. Les entreprises du secteur des technologies de l'information semblent bien placées pour tirer parti du cycle mondial d'investissements dans l'IA. L'orientation politique devrait constituer un facteur favorable.

Obligations

Thomas Höfer, gestionnaire de fonds obligataires

Ce qui rend les obligations d'entreprises de bonne qualité de crédit intéressantes

«Nous sommes très optimistes quant aux obligations d'entreprises européennes de bonne qualité (Investment Grade), même si les écarts de rendement par rapport aux obligations d'Etat sont historiquement très faibles», déclare Thomas Höfer, gérant de fonds. La demande reste très forte et rien ne laisse actuellement présager un changement de tendance. Malgré les volumes d’émission records enregistrés ces dernières années, la demande de nouvelles émissions dépasse nettement l’offre, ce qui a un effet positif sur l’évolution des cours. Pour l’instant, rien n’indique que les risques liés aux entreprises émettrices pourraient augmenter de manière significative dans un avenir proche. «Les indicateurs de crédit classiques, tels que le ratio d’endettement et le ratio de couverture des intérêts, se situent, pour l’ensemble de l’univers «investment grade», à des niveaux fondamentalement solides d’un point de vue historique. Aucun signe d’un renversement de tendance fondamental imminent n’est perceptible», estime M. Höfer. Cela vaut en particulier pour le secteur bancaire, qui constitue le plus grand secteur au sein du marché «investment grade» de la zone euro. Au cours des cycles de marché précédents, les faiblesses du secteur financier ont souvent été à l’origine d’une forte augmentation des écarts de taux et, par conséquent, de chutes des cours – les rendements et les cours des obligations évoluant en sens inverse. Aujourd’hui, les banques européennes disposent d’une assise financière exceptionnellement solide, de réserves de liquidités importantes, d’une rentabilité robuste et de portefeuilles de crédit de très haute qualité. M. Höfer s’intéresse également aux émetteurs du secteur technologique. L’extension des capacités des centres de données pour les applications d’intelligence artificielle, en particulier, entraînerait un cycle d’investissement sans précédent. Les «hyperscalers» – Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft – seraient de plus en plus tributaires de financements externes en raison de leurs programmes d’investissement colossaux. Ces émetteurs recourraient ainsi de plus en plus au marché des obligations «investment grade» libellées en euros et auraient déjà réalisé plusieurs opérations de grande envergure.

Conclusion de Höfer: les primes de crédit, déjà faibles, pourraient encore diminuer à l'horizon de douze mois et se rapprocher du niveau d'avant la crise financière mondiale. Compte tenu de la bonne santé du segment obligataire, les rendements globaux attendus de 3,5% à l'horizon de douze mois pourraient être considérés comme tout à fait intéressants.

Devises

Euro/dollar: l'avantage des Etats-Unis en matière de croissance devrait continuer à soutenir le dollar

  • A court terme, nous voyons peu de potentiel d'appréciation pour l'euro face au dollar américain.
  • La dynamique économique plus forte aux Etats-Unis joue en faveur de la devise américaine. De plus, l'hypothèse selon laquelle le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, pourrait rapidement abaisser les taux directeurs s'est pour l'instant dissipée.

Placements alternatifs

Or: à court terme, le prix devrait plutôt stagner, mais il présente un potentiel de hausse à long terme

  • Une évolution du cours de l'or que l'on n'avait plus observée depuis longtemps: il affiche une baisse d'environ 5% depuis le début de l'année (au 8 juillet). A court terme, nous sommes devenus plus prudents dans notre évaluation de ce métal précieux.
  • Nous prévoyons que le cours de l'or va dans un premier temps se stabiliser à son niveau actuel, mais nous voyons un potentiel de hausse à moyen terme.


Pour consulter les Perspectives de marché de DWS en intégralité (en anglais), cliquez ici

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