Les fronts de tension se multiplient pour l’administration Trump. Sur le plan commercial, après un compromis avec l’UE sur le Groenland, Washington menace désormais le Canada d’une hausse de 100% des droits de douane en raison de son rapprochement avec la Chine, tandis que la Corée du Sud pourrait voir les droits sur ses exportations relevés de 15% à 25% pour non-respect présumé de l’accord conclu l’an dernier.
Au Moyen-Orient, les tensions avec l’Iran se sont nettement ravivées, avec des menaces réciproques et des manœuvres navales iraniennes dans le détroit d’Ormuz. Ce risque géopolitique, conjugué à la baisse de la production américaine liée à une vague de froid historique et aux perturbations d’un grand champ au Kazakhstan, a soutenu la forte hausse du Brent, à la veille de la réunion de l’Opep+ du 1er février.
Sur le plan intérieur, l’exécutif est confronté au risque d’un nouveau shutdown: après la mort d’une deuxième personne à Minneapolis, abattue par l’ICE, les sénateurs démocrates refusent de voter le budget du département de la Sécurité intérieure, qui finance notamment la police de l’immigration.
La Fed a, de son côté, maintenu ses taux directeurs inchangés, comme attendu, malgré deux votes en faveur d’une nouvelle baisse. Jerome Powell a souligné la bonne tenue de la croissance américaine et l’atténuation des tensions entre les objectifs d’inflation et d’emploi, ce qui justifie des taux proches d’un niveau «neutre». La Fed apparaît moins accommodante que ne l’anticipaient les marchés, ce qui a entraîné une remontée des taux américains et mis un coup d’arrêt à la baisse du dollar. Kevin Warsh a été désigné par la Maison Blanche pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed. Bien qu’actuellement ouvert à davantage de baisses de taux, son profil historiquement très attaché à la lutte contre l’inflation, hostile au QE (Quantitative easing) et défenseur de l’indépendance de la banque centrale pourrait, en cas de nomination validée par le Sénat, soutenir le dollar et accentuer la pentification de la courbe américaine.
En zone euro, les signaux de reprise se confirment avec des PMI en territoire d’expansion et des octrois de crédit toujours bien orientés. La saison des résultats a toutefois ravivé la volatilité, en particulier dans les logiciels: Microsoft et SAP ont fortement corrigé (-10% et -16%), pénalisés par la hausse des Capex et le ralentissement de la croissance du Cloud, dans un contexte où l’IA pourrait peser sur l’emploi et donc sur la demande de licences.
Dans ce contexte, nous restons constructifs sur les actions, avec une préférence pour le Japon et les marchés émergents. Sur les obligations, nous privilégions les maturités courtes, en particulier aux Etats-Unis, ainsi que la dette souveraine émergente.